A l’offensive !


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5 000 personnes ont défilé à Paris le 2 décembre 2021 pour exiger l’augmentation des retraites. AG de rentrée, pétitions, consultation sur les besoins, participation avec les actifs à la journée d’action du 27 janvier 2022, les CGT retraités préparent une nouvelle mobilisation unitaire le 24 mars 2022. 

« Les retraités ont envie d’en découdre avec le gouvernement et le patronat sur la question de l’augmentation de leur retraite. On a d’un côté le président des riches et les 500 familles qui détiennent 45% du capital en France, et en même temps des retraités qui deviennent de plus en plus précaires voire pauvres ! » C’est sur cette tonalité hautement combattive annoncée par son secrétaire général, Marc Bastide, que l’Union Confédérale des Retraités CGT avait convoqué la presse à Montreuil ce 6 janvier 2022. L’initiative, en présence de Philippe Martinez, visait à annoncer les suites de la grande manifestation unitaire sur les retraites et le pouvoir d’achat qui, à l’appel du groupe des neuf organisations syndicales et associatives (UCR-CGT, UNIRS-Solidaires, UCR FO, UNIR-CFE-CGC, CFTC, FSU, FGR FP, LSR et UNRPA) avait rassemblé 25 000 retraités le 2 décembre dernier à Paris. Plusieurs temps forts vont rythmer ce premier trimestre 2022, et un point d’orgue unitaire est déjà fixé avec une nouvelle journée nationale d’actions en régions le 24 mars 2022.

Les retraites dans l’étau
Entre d’un côté l’augmentation de l’énergie, des frais de santé, de l’alimentation et de l’autre les non-revalorisations des retraites et pensions, la coupe est pleine : « Nous avons eu 0,4% d’augmentation des retraites de base en janvier, 1% sur les retraites complémentaires, et ce pour une inflation à 3% selon la Banque de France. On voit qu’il y a de la marge ! De plus, cela fait suite aux années de gel des pensions, et même de baisse directe comme en 2018 où le gouvernement a augmenté la CSG » poursuit le syndicaliste.

Un éloignement des services publics
L’UCR CGT entend donc porter au cours de ces prochains mois ses trois principales revendications ; l’augmentation des retraites, une meilleure protection sociale avec le 100% Sécu que revendique la CGT, et un meilleur accès aux services publics. « Pour les retraités, l’accès aux services publics est de plus en plus difficile. Ils en sont de plus en plus éloignés alors que 30% d’entre eux n’ont pas accès au numérique. Ils sont partout confrontés à des automates. Il en va de même pour la santé et la protection sociale. Se soigner est de plus en plus difficile pour diverses raisons, notamment l’explosion des dépassements d’honoraires qui rendent le coût des soins prohibitifs ou encore la fermeture des lits d’hôpitaux. »

Lancement d’une campagne « Combien j’ai besoin pour vivre ?»
Pour rendre compte de ces difficultés encore accrues par la crise du Covid, l’UCR CGT a décidé de les mettre en visibilité. « Fin 2021, nous avons commandé une étude à l’Institut Harris sur le pouvoir d’achat des retraités. Cela nous a donné quelques éléments sur lesquels nous nous appuyons maintenant pour lancer une grande consultation sur le thème : « combien j’ai besoin pour vivre ? » » explique Cathy Cau, responsable du pôle revendicatif de l’UCR CGT. L’idée est de recenser les besoins, briser le repli sur soi et faire s’exprimer les retraités. Les AG de rentrée que la CGT Retraités organise traditionnellement en début d’année pour remettre le timbre syndical auront donc cette consultation à l’ordre du jour, de même qu’une autre pétition portant cette fois sur l’exigence pour chaque retraité de disposer d’un bulletin de pension détaillé.

Une pétition pour un bulletin de retraite
« Nous lançons aussi une carte-pétition sur le besoin d’un bulletin de retraite, plutôt que de ne disposer que du chiffre du virement bancaire, cela permettra à chacun de connaître ce qu’il paie au titre de la CSG ou des impôts » rapporte Marc Bastide. Tout comme le bulletin de salaire, qui met en visibilité ce que représente le salaire socialisé, les retraités estiment aussi avoir le droit de connaître le détail de ce qui leur est versé et prélevé.

« Marre des discours de culpabilisation »
Au lendemain des propos infamants tenus par Emmanuel Macron à l’encontre des non-vaccinés, Marc Bastide a tenu à rappeler que la CGT était favorable à la vaccination, toutefois le leader syndical a invité à plus de modestie en fustigeant l’absence de moyens et de places pour répondre à la demande de nombreuses personnes qui n’arrivent pas à trouver de rendez-vous pour se faire vacciner. Et de dénoncer un président qui oppose tout le monde contre tout le monde, les jeunes contre les vieux, tout comme les vaccinés contre les non-vaccinés. Cathy Gau devait aussi enchaîner sur ce ressenti très fort des retraités d’être méprisés par la majorité présidentielle. Et de citer une certaine Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblé qui n’hésite pas à reprocher aux retraités de « manger quatre fois par jour ! »

Des revendications qui haussent le ton
Interrogée sur le montant de l’augmentation réclamée par la CGT, Cathy Gau devait préciser qu’au vu de l’évolution des besoins et des retours très forts sur les exigences exprimées, le dernier Conseil national de l’UCR CGT avait décidé de faire évoluer la revendication initiale de 100 euros à 300 euros d’augmentation immédiate des retraites.
Et Marc Bastide d’estimer de son côté que malgré les efforts de diversion du gouvernement, il va être de plus en plus difficile de masquer un rapport de force qui est « bouillonnant dans le pays.

Mobilisations en commun avec les actifs
« En tant que retraités, nous participerons aux différentes mobilisations unitaires sur la question de la santé, et de l’industrie. Nous serons aussi présents pour l’action interprofessionnelle du 27 janvier pour le pouvoir d’achat et de l’emploi. Et dans l’immédiat, sur la question de l’industrie, nous appelons aussi à manifester avec les camarades de la SAM qui seront en action le 12 janvier 2022 devant le Ministère de l’industrie. » Aux côtés de Marc Bastide, Philippe Martinez devait saisir la balle au bond pour réaffirmer l’importance de soutenir l’industrie, notamment au travers de cette action du 12 janvier pour la SAM. Et de révéler au passage l’hypocrisie du discours du gouvernement et de l’Union européenne sur le développement de la voiture électrique alors que la SAM, une fonderie automobile qui fabrique de l’hybride et de l’électrique est liquidée pour délocaliser.

Vers un grand 24 mars 2022
Le 24 mars 2022, le groupe des neuf organisations syndicales et associatives de retraités appelle à des rassemblements en région. D’ici là, s’ouvre le temps de la préparation avec de nombreuses initiatives qui vont jalonner le premier trimestre pour les retraités. Et même Macron voudrait bien les voir confinés et oubliés, gageons qu’ils seront là.

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