Après Mon Espace santé….

près Mon Espace santé,

voici l’Espace euroPéen des données    de santé!

Le 3 mai, la Commission européenne a dévoilé «sa proposition pour la création d’un espace européen des données de santé. Une loi qui s’appliquera, une fois amendée puis approuvée, à tous les pays membres. Le gouvernement français, qui occupe actuellement la présidence  du Conseil de l’Union européenne, en avait fait une de ses priorités.
De quoi s’agit-il et pourquoi faut-il s’en soucier ? Derrière le besoin d’adapter nos systèmes de santé à l’ère du numérique et de profiter des nouvelles possibilités qu’il offre, se cache un risque accru de brader la santé et d’ouvrir un immense marché européen des données de santé, aussi juteux qu’inquiétant.

Le projet se concentre sur deux axes.

  • Le premier est de créer un dossier médical pour chaque patient européen, accessible en ligne par tous les professionnels de santé, permettant d’être soigné d’un bout à l’autre de l’UE. La loi ouvrira la porte à plus de téléconsultation et de télésurveillance, une mine d’or pour les start-ups de l’e-santé (Implicy, Medadom, Square, Medicalib. etc) qui espèrent récupérer l’argent de la sécurité sociale grâce à leurs appareils connectés à des smartphones, permettant aux patients de s’auto-diagnostiquer. Doctolib développe déjà, en plus des prises de rendez vous et de la gestion de cabinets médicaux, une activité de téléconsultation
  • Le second, le marché de la santé numérique concerne les données. Il intéresse au plus haut point les politiques, les entreprises et les géants du numérique. Le marché est attractif pour les hébergeurs des données médicales (Microsoft, Netexplorer ..) et pour leur utilisation par les industriels, les sociétés à travers l’UE.

Les informations médicales des particuliers peuvent s’avérer précieuses pour les assureurs de santé privés car elles leur permettront d’ajuster les tarifs.
Axa, par exemple, a été le premier en France à lancer une expérimentation en proposant d’équiper gratuitement 1000 de ses clients de bracelets Withings (qui mesurent le taux d’oxygène dans le sang, le rythme cardiaque ainsi que le nombre de pas) en échange de l’exploitation des données recueillies. L’e-santé peut donc détecter les personnes les plus exposées aux risques. Les assureurs, les banques pourront alors leur proposer des contrats plus onéreux (assurance vie, prêts bancaires etc.).

En individualisant les risques, on menace la sécurité sociale à la française, le principe de l’assurance santé universelle, où chacun reçoit le même service.

Enfin, que devient la relation médecin-patient, la compétence du médecin à établir un diagnostic, le ressenti du patient quant à son propre état de santé.

 Dans une médecine tout numérique, où est l’humain ?

Le texte ci dessus n’était pas paru au moment de la rédaction du document du congrés. Viendra-t-il enrichir le texte ci dessous ?

 

 

 

 

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