Edouard Philippe pire que Delevoy ! Le front syndical s’élargit

  Il fallait oser !

Le premier ministre l’a fait, en se déclarant fidèle aux valeurs fondatrices du Conseil National de la Résistance, en précisant qu’il n’était pas guidé par l’argent roi, ni par une sémantique guerrière. Et d’ajouter qu’il n’était pas dans une logique du rapport de force et qu’il connaissait la culture de la lutte ! On croit rêver !

On peut toujours emprunter aux discours des autres pour prendre des tonalités sociales, mais encore faut-il que la suite du propos permette de confirmer les accents du préambule! Et il n’en est rien, bien évidemment.

L’Exécutif vient de décider d’exécuter le régime de retraite tel qu’il existe aujourd’hui, pour lui substituer un régime unique par point, pour lequel on a compris qu’il faudrait déjà travailler plus longtemps, pour avoir le droit à une retraite à taux plein !

Le premier ministre s’est surtout évertué à dire qu’il n’y aurait pas d’exceptions au régime général et donc plus aucune place pour la reconnaissance des spécificités des uns et des autres : « le système s’achève ».

Le président de la République et son Premier ministre ont une ambition d’universalité, nous dit-on. Mais pour y parvenir, « il faut cesser de privilégier les uns par rapport aux autres ». A partir de telles positions, comment peut-on croire que les futurs retraités pourront acquérir de nouveaux droits ?!

En l’état, le gouvernement n’a pas levé les inquiétudes de celles et ceux qui ont décidé de se battre, bien au contraire. Les quelques mesures annoncées ne suffiront pas à faire passer la pilule. Les promesses de réversions améliorées, d’un minimum de pension à 1000 € pour une carrière complète au SMIC, comme l’indexation sur l’évolution des salaires, ne peuvent faire oublier l’essentiel. Il s’agit toujours d’une réforme systèmique qui a pour ambition de réduire le montant des retraites et leur poids dans le P.I.B. Tant pis s’il faut travailler plus longtemps.

Les propositions du Premier ministre ont même mécontenté la CFDT et la CFTC qui ont décidé de se rallier à journée de manifestations de mardi.

Seul le MEDEF a salué et défend la réforme et les propositions du Premier ministre.

Pour la CGT, c’est clair. Il faut améliorer le système de retraite actuel et non pas le sacrifier. Nos propositions mériteraient au moins d’être examinées par le gouvernement. Voilà l’alternative ! L’heure est à la poursuite de l’action.

Les retraités sauront y contribuer, notamment le 17 décembre dans tout le pays.

Olivier JOUCHTER
Secrétaire Général adjoint de l’UCR-CGT

Comments are closed.