La hausse de la CSG fait débat dans la rue

Retraités
MARSEILLE

 Un  matin  à  Castellane,  en  début de semaine. Ils sont à la sortie du  métro,  à  l’heure  de  pointe.  Ce sont les retraités de l’Union syndicale départementale de la CGT qui ont entamé depuis le 11 septembre, à  Marseille  comme  dans  tout  le pays, une consultation et votation citoyenne pour informer l’opinion publique  des  conséquences  que l’augmentation de la CSG aura sur la « qualité » de vie des retraités.

 Et  malgré  un  départ  timide,  l’action a fini par porter ses fruits.

 Et pas mieux qu’un petit attroupement devant les bouches du métro pour exciter les curiosités et inciter les langues à se délier. Ce qui n’a guère tardé. C’est Yvon qui a pris la parole le premier. Yvon, un artisan boulanger  qui  ouvre  le  bal.  «  Cinquante ans de travail, un commerce qui  a  connu  des hauts  et  des  bas, mais qui somme toute ne marchait pas trop mal. On s’en est sorti, avec ma petite famille, mais à quel prix. Très peu de vacances durant toutes ces années, avec l’espoir que quand on aurait revendu notre commerce, on pourrait aller voir un peu de pays et profiter de notre retraite.  » Mais Yvon et sa famille se sont très vite rendus compte que les pro jets de voyage en Asie, notamment au Vietnam et en Chine, c’était un peu veaux, vaches et cochons

Kader avait préparé sa sortie du circuit du travail bien à l’avance. Et comme Yvon et sa famille, il avait tiré des plans sur la comète sentant venir une fin de quarante années de carrière dans le bâtiment. «  Je me sentais usé mais encore assez jeune pour  faire  des  projets.  Moi-même syndiqué,  j’étais  bien  informé  des coups qui se préparaient, j’ai vécu le gel des pensions depuis quatre ans. Mais l’augmentation de la CSG, je dois dire que je ne l’avais pas vue venir. Que pouvait-on nous prendre encore de plus, sinon de finir nos jours dans un minimum de confort ? »

Le coup de la CSG, ils ne l’attendaient pas.
Macron,  dès  son  installation dans les salons dorés de l’Elysée, « a eu tôt fait de trouver les profits qu’il pourrait  tirer  d’une  nouvelle  pression sur les retraités », disent les militantes et militants de la CGT. Avec un cynisme dont le Premier ministre s’est fait le porte-parole. «  Pour ce gouvernement, prélever 25 euros sur une retraite qui ne dépasse pas les 1200 n’a rien de choquant. Après des années de travail,  de  coups  durs,  de  sacrifices, d’atteintes  à  la  santé  pour  avoir  côtoyé toute sa vie des produits toxiques sans parfois même le savoir, les salariés sont bons pour la casse et en tout cas pas pour se révolter.  »

Le  gouvernement  en  sera pour ses frais. Le 12 septembre, ils étaient déjà, comme à de multiples reprises auparavant, aux côtés des actifs, des chômeurs, pour dire que la  situation  qui  leur  est  faite  participe à la remise en cause du système de protection sociale à la française.

Ils ont déjà sur leurs carnets d’autres rendez-vous auxquels tous  les citoyens sont conviés.

Le 26 septembre à Marseille pour une journée d’action unitaire. Et dès le lendemain pour leur fête annuelle à Fabrégoules, un grand moment de revendication et de solidarité.

 Gérard Lanux  jplanux@ yahoo.fr

 

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