Ce n’est pas aux travailleurs de payer LEUR crise

Quand  le très Libéral  Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar (Fondateur du Groupe Axa) ,  ce  groupe de réflexion français regroupant  des cadres d’entreprises, des hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile envisage le « Jour d’après » , cela donne une vision encore plus  « libérale »  que celle que nous connaissions  les « jours d’avant » !

L’Institut Montaigne est financé par des entreprises, principalement de LVMH, Total, Vinci et Carrefour. à hauteur de 5.9 millions d’euros (chiffre de 2017)

Accrochez-vous au siège,  et en  avant vers le retour au XIXème siècle !

Voici les neuf propositions de ce think tank libéral  sur le temps de travail…

1. Assouplir des verrous juridiques persistants
Autoriser la négociation par accord collectif du montant du repos compensateur lié aux heures supplémentaires accomplies au-delà du contingent d’heures supplémentaires ;
Permettre de déroger au temps de repos minimum quotidien de 11 heures minimum par jour dans le cadre d’un accord sur le droit à la déconnexion ;
Donner la possibilité à l’employeur, à titre temporaire (par exemple jusqu’en 2022), d’imposer le rachat de jours de RTT pour les salariés au forfait sans majorations.
En outre, il pourrait être possible de prolonger le relèvement provisoire des seuils maxima dans les secteurs manifestement en tension (maximum de 10 heures de travail par jour et seuil de 48 heures hebdomadaires).

2. Augmenter le temps de travail, être payé plus tard
L’idée consiste à inciter à l’accroissement du temps de travail sans pour autant que la rémunération supplémentaire correspondante ne soit versée immédiatement par les entreprises.

3. Se former en-dehors du temps de travail
Toute formation figurant sur le plan de développement des compétences de l’entreprise pourrait être effectuée en dehors du temps de travail du salarié avec l’accord de celui-ci dans la limite d’un plafond horaire relevé par rapport au plafond actuel, dès lors que la formation en question n’est pas obligatoire et qu’elle peut être effectuée à distance par le salarié. Il est proposé de relever ce plafond à 10 % de la durée annuelle du travail.

4. Supprimer le jeudi de l’Ascension comme jour férié
Si la France est dans une situation moyenne par rapport à ses partenaires européens pour le nombre de jours fériés, elle se caractérise par un nombre particulièrement élevé de jours au cours du mois de mai (trois ou quatre jours fériés selon les années, dont le jeudi de l’Ascension qui entraîne chaque année un « pont »). Bien entendu, les écoles ouvriraient ce jour-là.

5. Extension des horaires des services publics
Proposer aux fonctionnaires de secteurs d’activités nécessaires à la vie économique ou en tensions d’accroître temporairement leur durée de travail, en contrepartie d’une rémunération supplémentaire et après concertation avec les organisations syndicales.
Afin de crédibiliser l’engagement financier du gouvernement vis-à-vis des fonctionnaires concernés, les heures supplémentaires actuellement impayées pourraient également être soldées. Il concernerait également tous les services publics financés sur fonds publics essentiels à la reprise de l’activité économique, par exemple les crèches, les parents ne pouvant par exemple pas à la fois garder leurs enfants et travailler convenablement.

6. Vacances de la Toussaint : une semaine en moins
Supprimer la première semaine des vacances scolaires de la Toussaint en 2020 (dont la durée est passée à deux semaines depuis 2012, contre une semaine auparavant) afin de rattraper les semaines de scolarité en partie perdues durant le printemps et l’été 2020, dont les conséquences sur les trajectoires futures des élèves ne sauraient être sous-estimées.

7. Temps de travail dans les administrations publiques
Un nouvel examen de l’organisation du temps de travail dans la fonction publique, qui a déjà fait l’objet de nombreux rapports, pourrait notamment être l’occasion de tirer les enseignements des mesures mises en place au cours de la période de crise sanitaire et économique.

8. Forfaits jours dans la fonction publique
Le développement du télétravail dans la fonction publique montre, comme dans le secteur privé, les limites de la définition du temps de travail calculée sur une base horaire et hebdomadaire. Les administrations en gagneraient en efficacité et en souplesse.

9. Diminuer les RTT dans la fonction publique
A titre provisoire ! Le nombre de jours effectivement travaillés pour les cadres au forfait dans le secteur public serait accru réglementairement de 5,8 % (correspondant à un équivalent 37 heures par semaine), ce qui reviendrait à supprimer une dizaine de jours de RTT pour les cadres de la fonction publique, sans compensation salariale obligatoire.

Dans ce contexte de remise en cause de tant d’acquis, que restera-t-il des droits à une retraite digne ? Quels « efforts supplémentaires » seraient demandés aux retraités ? 

Lorsque l’on sait que Matignon et l’Elysée ont une oreille attentive à ces cercles de réflexion, on a de quoi s’inquiéter pour l’avenir, pour les acquis  qui forgent notre modèle social.

Plus  que jamais, les propositions de la CGT concernant la relance économique dans notre pays , le Pacte  de Progrès Social (1) rédigé par notre UD CGT 13 restent d’actualité et la lutte est INDISPENSABLE pour mettre un frein à une telle arrogance de classe  et faire aboutir nos revendications 

 Ce n’est pas aux travailleurs  de payer LEUR crise !

Et si on supprimait les paradis fiscaux, l’évasion fiscale et la spéculation financière pour relancer l’humanité?

(1) En savoir plus !

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