Centres de santé mutualistes : sauvetage annoncé !

Un immense soulagement.aux environs de 15h30, cette après-midi, quand la déléguée CGT du Grand Conseil de la Mutualité Hélène Honde est sortie du tribunal de grande instance, une longue lettre à la main, les mines étaient pourtant plus que crispées. 200 manifestants, syndiqués, salariés, élus de proximités ou usagers, dans l’’attente d’une audience décisive, la dernière.

Celle chargée de trancher définitivement en faveur de la poursuite de l’’activité de cette institution, ou au contraire, de sa mort subite. En jeu, 850 emplois et la survie des 11 centres de santé du département des Bouches-du-Rhône, qui soignent près de 200 000 personnes. Sur le gril, une entreprise privée à but non lucratif, le GCM, en redressement judiciaire depuis 18 mois, plombée par un déficit chronique de 4,4 millions d’euros…

« Si le tribunal nous met en liquidation, soufflait en début de journée un généraliste marseillais, tee-shirt bardé du slogan « ’Mon centre, j’’y tiens, le soutien’ sur les épaules », nous ferons face à une véritable catastrophe sanitaire. Beaucoup de familles en difficulté, et de retraités qui viennent chez nous parce qu’’elles ne sont pas obligées de fournir d’avance, ne se feront plus soigner. Ils n’’en ont pas les moyens. Et de toute manière, l’’hôpital public ne pourra jamais absorber 200 000 patients. On assistera même au retour de certaines maladies… »

« La liquidation semble écartée »
Verdict de cet ultime passage devant le juge, afin d’étudier le plan de redressement sur 10 ans présenté par la direction ? « La décision a été mise en délibérée au 7 mai, commençait Hélène Honde, avant de se faire plus précise : Mais toutes les parties, le procureur compris, ont demandé la poursuite de l’’activité« . Et d’’insister : « Oui, la liquidation semble écartée« .

La victoire, selon elle, des centaines de salariés mobilisés par son organisation et qui ont mené « une lutte de plus de 18 mois pour sauver leur emploi et une certaine idée de la santé pour tous« . Un combat de longue haleine poursuivi à coup de rassemblements, de pétitions, d’interpellations des politiques. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (PS) et la ministre de la Santé Marisol Touraine (PS) compris…

« C’’est bien nous qui avons arraché 3 millions d’’euros au gouvernement, a-t-elle poursuivi, c’’est une victoire face à ceux qui nous donnaient pour mort, à l’’image de notre direction et de l’’Agence régionale de santé. Eux qui voulaient démanteler nos centres de santé… C’est aussi un pied de nez à la marchandisation de la santé qui notre département vient de réaliser. »

Très émue, la représentante du personnel a enfin tenu à rendre hommage aux « 90 collègues qui ont été brutalement licenciés » et à rappeler que ce sauvetage, s’’il est confirmé, se sera aussi fait « au prix de la vente de la clinique mutualiste de Bonneveine« . Plus cynique, Marcos, employé de la mutualité, tentait d’analyser politiquement cet ultime rebondissement : « En un an, soufflait-il, le gouvernement a commis suffisamment d’’erreur et déjà tellement déçu les classes populaires. Il ne pouvait pas se tirer une nouvelle balle dans le pied en laissant 850 personnes se faire mettre à la rue« .

Reste désormais à la justice à confirmer officiellement cette heureuse fin de feuilleton.

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