Le discours social de Macron aura été de courte durée

Certains pouvaient croire, lors des deux allocutions d’Emmanuel Macron, jeudi 12 et lundi 16 mars, que le Coronavirus avait fait changer de cap la politique du chef de l’Etat.

Un discours très social où l’humain passe avant l’économie. Solidarité, fraternité, éloge de l’Etat-providence, prise de conscience de l’importance du service public… « La santé n’a pas de prix »« Tout sera mis en oeuvre pour protéger nos salariés et nos entreprises quoi qu’il en coûte. » Tels étaient les mots du président de la République, il y a seulement une semaine. 

Mais l’Etat social n’aura été que de courte durée, comme un mirage. Seulement trois jours après son allocution, Emmanuel Macron fait repasser l’économie avant la santé publique. Alors que le personnel soignant, la communauté scientifique insistent auprès de la population française à rester chez elle, pour éviter la propagation du virus et l’engorgement des services de réanimation, avant l’arrivée du pic de l’épidémie, Emmanuel Macron, seulement trois jours après son discours, appelait déjà les entreprises et les salariés à poursuivre leur activité . » Où est la cohérence dans ses discours ? Nulle part. 

Pour Patrick Martin, le président délégué du Medef, Emmanuel Macron « n’a pas assez insisté sur la nécessaire continuité de l’activité économique » dans son intervention.

Maintenant que la loi état d’urgence est entrée en vigueur, pour deux mois, le gouvernement a la possibilité de s’attaquer aux acquis sociaux. Alors que, l’article L.3141-16 du code du travail dispose qu’en cas de baisse de l’activité à cause des mesures sanitaires, une entreprise ne peut pas forcer ses salariés à poser leurs jours de congés, sauf lorsque les« circonstances sont exceptionnelles », elle peut seulement déplacer ceux déjà posés, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, s’est dit favorable, ce lundi 23 mars, à ce que les salariés prennent des congés payés pendant la période de confinement pour éviter la propagation du coronavirus, mais surtout pour pouvoir travailler davantage une fois l’épidémie terminée.

L’Exécutif ne compte pas tourner le dos à ses valeurs libérales, malgré la crise sanitaire. Emmanuel Macron avait déjà montré que le social était loin de faire partie de ses priorités.

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