On s’en doutait un peu mais ça va mieux en le disant.

La nouvelle bombe des retraites

Le rapport du Conseil d’orientation des retraites sur l’équilibre financier du système à horizon 2030 a été transmis aux partenaires sociaux ce lundi. Il doit servir à décider d’éventuelles mesures d’économie avant l’entrée en vigueur du futur régime universel par points en 2025.

Les nouvelles estimations du Conseil d’orientation des retraites (COR) sur les besoins de financement du régime jusqu’en 2025 sont sans appel: si rien n’est fait, nous allons tout droit vers un déficit de 20 milliards d’euros d’ici à 2030 selon le scénario le plus crédible.

On s’en doutait un peu mais ça va mieux en le disant.

Autant dire que la réforme systémique d’Emmanuel Macron n’aura pas -comme on a voulu le faire croire- pour seul objet de rétablir la justice dans notre système de pension. Elle devra aussi rétablir l’équilibre des comptes et ce de façon pérenne. Une injonction qui change quelque peu les termes du débat.

Car pour parvenir à cette fin, le paramètre le plus efficace semble bel et bien être le fameux âge pivot contenu dans le projet de réforme Delevoye, celui qui permet de toucher sa retraite à taux plein. Si l’on veut combler le déficit évoqué ci-dessus, il s’établirait à 63 ans et demie dès 2025. nous dit le COR.

Comme le lui a demandé le gouvernement, le COR a étudié jusqu’à quel point il faudrait augmenter les cotisations, baisser les pensions ou reculer l’âge effectif de départ pour équilibrer les comptes en 2025. Il a émis plusieurs hypothèses concernant l’âge, notamment l’instauration d’un « âge minimum du taux plein » qui ressemble à l’âge du taux plein sur lequel a travaillé le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye.

La génération 1963, qui pourrait être la première concernée par la réforme, devrait ainsi partir entre 63,1 et 64,4 ans pour obtenir le taux plein. Cela suppose de rajouter entre 2,6 mois et 5,6 mois par an (c’est-à-dire pour chaque nouvelle génération) à l’âge du taux plein entre la génération née en 1959 et celle qui est née en 1963.

Une idée plus qu’impopulaire  pour les actifs mais aussi pour les retraités qui seraient sollicités pour « combler le déficit » et qui refusent , dans leur grande majorité l’idée même de la « Clause du grand-père » , refusant d’ajouter à la précarité actuelle, la précarité à la retraite pour nos enfants et petits enfants.

Et ce, alors que la contestation ne cesse de monter dans le pays et que le 5 décembre qui fédère au delà  des cercles habituels, est à l’heure actuelle plus fort dans sa préparation que pour  la grève contre la loi Fillon de 2003. .

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