Quand les Banques jouent …. la banqueroute !

Nous sommes (encore) la Marseillaise

Voilà plus de trois mois que l’un des derniers symboles de la presse libre, rebelle et indépendante des grands groupes est menacée de liquidation judiciaire. Dans un silence assourdissant de la part du gouvernement comme de la plupart des institutions politiques locales. Entre temps, pourtant, nous avons été des millions à descendre dans la rue pour crier notre besoin de liberté d’expression, de pluralisme et de laïcité.

À Marseille, la Marseillaise a toujours été la voix des petits, des sans-grades et maintenant des “sans-dents”. Chaque jour, depuis 70 ans, ce quotidien progressiste d’opinion ouvre ses colonnes à d’autres actualités que le énième faits-divers sanglant ou les vicissitudes de la dernière starlette de télé-réalité.

Dans un territoire où le terme d’apartheid n’apparaît pas toujours galvaudé, notre journal a toujours œuvré pour combler les fissures du ciment social.
Aujourd’hui, Marseille et son territoire risquent de voir s’éteindre cette voix dans une indifférence politique quasi-générale. Est-il besoin de préciser qu’à l’aube d’élections locales où le Front National risque de faire des scores historiques et bien plus encore dans le Sud, la Marseillaise reste l’un des très rares titres, parce qu’il est né de la Résistance dans les jours les plus sombres de notre Histoire, à avoir gardé dans sa ligne éditoriale la nécessité de combattre les idées d’extrême-droite ?

Dans un communiqué signé conjointement par le SNJ-CGT et la Filpac-CGT, les syndicats appellent ce lundi le gouvernement à prendre la mesure du drame social mais surtout sociétal qu’entraînerait la disparition de la Marseillaise. Malgré l’existence de deux projets de reprises, les jours de notre quotidien sont comptés. Parce que les banques refusent de leur accorder un prêt de deux millions d’euros, quand bien même l’un d’entre eux est assuré à 70% par la Caisse des dépôts et consignations et la Banque publique d’investissement.
Le 23 mars prochain, le Tribunal de Commerce de Marseille rendra son verdict quant à l’avenir de la Marseillaise. Celui-ci ne tient qu’à un fil. Qui pourrait être celui du téléphone que décrochera, ou pas, l’un de nos décideurs pour faire plier des institutions bancaires qui rechignent chaque jour un peu plus à remplir leur rôle de relanceurs économiques.

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