1 Situation économique et sociale

Notre 10ème congrès de l’USR se situe dans un contexte économique et social particulièrement tendu.

La paix dans le monde à laquelle nous aspirons tous, reste une perspective bien lointaine. A peine un foyer de guerre s’éteint que d’autres s’allument.

Les marchands d’armes y veillent. La France, grand fournisseur en ce domaine, n’est pas étrangère à ces conflits.

En même temps, la volonté d’émancipation des peuples s’affirme. Dictatures et monarchies ne peuvent plus étouffer l’exigence de vivre dignement, de populations dont les besoins les plus élémentaires sont bafoués.

Nos gouvernants qui ont tant fait pour que ces peuples soient asservis et leurs richesses pillées, observent une prudente réserve.

Nous réaffirmons avec force notre solidarité avec tous les mouvements de libération.

Les évènements récents ne nous font pas oublier le peuple palestinien. C’est ainsi que nous sommes pleinement partie prenante de l’initiative « un bateau pour Gaza » et soutenons toutes démarches entreprises pour qu’elle soit conduite à son terme.

Le passage à de véritables démocraties ne se fera sans doute pas sans à coups, mais les revendications qui s’expriment sont porteuses d’espoir.

Sans connaître les futurs développements, mais tenant compte de la diversité des situations, un élément fondamental et universel s’exprime : celui du poids des peuples.

C’est un sacré encouragement et une réponse claire à celles et ceux qui, en France, pourraient douter de la portée, de l’efficacité du rassemblement et de la lutte.

Lors de notre 9ème congrès nous soulignions le fait que le recul social se situait au centre des orientations et des décisions du couple pouvoir/medef.

Ce ne sont pas les évènements survenus depuis qui nous démentiront.

Tout, absolument tout ce qui fondait notre société solidaire et républicaine est fissuré, démantelé.

Il nous faut bien mesurer des évolutions structurelles qui bouleversent ces fondements, que ce soit dans les différentes assemblées du type parlement ou sénat, au niveau des gouvernements, du président de la République lui-même et par certains côtés de l’appareil d’Etat. Tous sont au service de la grande finance, des représentants du CAC 40 et non de l’intérêt général.

En ce sens, comment ne pas être alerté par le pacte dit de « compétitivité » susceptible d’être adopté par les gouvernements en Europe qui vise à faire payer les conséquences de la crise aux salariés, retraités, privés d’emploi, en s’attaquant à leurs droits en matière de retraites, de salaires, de temps de travail, de budget public… l’objectif une fois de plus étant bien de tirer vers le bas l’ensemble  des acquis et conquêtes sociales.

Car la grande crise qui a fait éclater les bulles spéculatives à partir de 2007, une fois la peur du pire passée, n’a pas été payée par ceux qui l’avaient provoquée mais bien par le peuple sans cesse mis à contribution pour sauver un système à la fois  arrogant et décadent.

La concurrence et le profit gangrènent tous les services publics qui jusqu’ici permettaient à tous les citoyens de disposer dans des conditions égales, de services à la disposition de tous les usagers.

Aucun domaine n’est épargné, du recul des protections légales et contractuelles dans les entreprises,  la santé et la protection sociale soumises aux « décrets » d’agences de notation internationales et à la seule logique financière.

Toute la sphère mutualiste asphyxiée lorsqu’elle résiste à la tentation du tout assurantiel et qu’elle veut maintenir des services et des établissements qui faisaient tout particulièrement sa spécificité dans notre département.

L’hôpital public démantelé subit la pression d’agences régionales de santé. Plus il s’appauvrit, plus le privé s’avère florissant.

Le transport délègue à la sous-traitance des missions essentielles d’entretien et de sécurité (aviation, SNCF…)

Les télécoms sont passés de l’expertise et du service au rendement et au management meurtrier.

La justice, bouc émissaire d’une politique d’austérité qui s’applique à tous les domaines, à l’exception notable des largesses attribuées à une caste de privilégiés sans scrupule.

Jusqu’à l’eau, le gaz, l’électricité et même l’enseignement qui sont placés sous contrôle d’actionnaires vigilants et avides.

La retraite, ferment de la solidarité intergénérationnelle, se fissure, le transfert au secteur marchand restant l’objectif final. La perte d’autonomie actuellement en débat, fait l’objet des mêmes projets pervers.

Dans le domaine industriel, pas une promesse n’a été tenue. Les acrobaties du président Sarkozy, qui se présentait grand défenseur des entreprises françaises n’ont pas impressionné ses amis du CAC 40.

Les luttes héroïques conduites par les salariés de notre département illustrent notre affirmation : aucun secteur n’est épargné.

Pour les retraités que nous sommes, la référence à nos repères antérieurs, facilite la compréhension de cette société qui se transforme sous nos yeux, pour devenir ce champ de bataille où le plus fort gagne.

Cela nous confère une responsabilité particulière à l’égard des jeunes générations.

Le discours officiel traverse tous les modes d’informations. Il vise à convaincre qu’il n’y aurait pas d’autre voie possible.

Et pourtant, tout démontre que d’autres choix économiques, sociaux, culturels, démocratiques, politiques sont possibles. Il faut une volonté autre et un contenu différents qui ne soient plus au service de l’argent-roi mais bien au service du progrès social. La question centrale n’est vraiment pas de composer avec le capital mais bien d’ouvrir des chemins inédits. L’exemple des milliards de dividendes redistribués aux actionnaires et rien pour moderniser l’outil de travail, et rien pour le pouvoir d’achat qui relancerait la relance de la consommation démontre bien que des possibilités réelles existent. Répétons-le, au centre d’une politique moderne, novatrice, émancipatrice se trouve la question d’une répartition différente des richesses.

Plutôt que de se laisser aller au dégoût de la politique, à l’abstention, au vote sur les extrêmes, nous invitons nos syndiqués et plus largement les retraité(e)s à prendre une part active dans le débat, dans la construction, d’alternatives progressistes. Pour ce qui nous concerne, ne pas donner de consigne de vote ne peut nous dispenser de donner notre opinion.

Nous gardons le souci de continuer à conjuguer nos propositions, les besoins exprimés par le monde du travail et les différents programmes soumis au vote des urnes.

De ce point de vue, en même temps qu’elles sont essentielles pour défendre nos droits et nos revendications, les luttes des retraités portent en elles des valeurs que nous voulons faire partager au plus grand nombre.

Cette période de trois ans qui vient de s’écouler a été riche en actions de portée générale mais aussi, concernant l’USR 13, plus centrées sur les revendications « retraités ». Ce qui a été fait pour la défense des retraites pendant plus d’une année a permis le rapprochement actifs/retraités, faisant percevoir aux uns et aux autres notre communauté d’intérêt.

Pourtant, il nous faut concevoir que nous avons en face de nous un gouvernement autiste, sourd aux propositions formulées, « droit dans ses bottes », qui n’a tenu aucun compte de manifestations d’ampleur rarement égalée. La pilule est amère mais force est de constater que les députés de la majorité présidentielle n’ont pas hésité à adopter la loi sur les retraites, comme si rien n’avait bougé.

Nous aurions tort d’en rester à ce seul constat. Durant le conflit et à la sortie de celui-ci, la CGT est sortie renforcée, tant sur la place qu’elle a occupée, sur les propositions qu’elle a mis en débat, que sur la démarche unitaire qu’elle a proposée.

Des questionnements se posent. Rien de plus naturel.

En même temps ces derniers doivent nous servir pour une plus grande efficacité dans les batailles futures, en particulier  pour l’augmentation des pensions, salaires et retraites et pour la reconnaissance de la perte d’autonomie comme maladie prise en charge par la sécurité sociale.

Le chapitre consacré à la vie syndicale développera sur l’outil dont nous avons besoin pour poursuivre des combats efficaces.

Cependant, si l’on prend bien la mesure d’une situation économique et sociale qui va appauvrir encore la population et pour ce qui nous concerne la population retraitée, prendre notre part des
1000 rencontres et nourrir le débat sur les dégâts engendrés car c’est sa nature, par le capitalisme, pourrait être un objectif majeur au sortir de notre congrès

 

Ianna GOUSSIN

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