2 Population retraitée des Bouches du Rhône

Chapitre 3 : La population retraitée dans le département, situation et besoins.

Groupe : Annick Barbier, Pierre Cau (Rapporteur), Josiane De Luca, Mireille Reymond.

3 Les retraités : une population en devenir, dans une société toujours à construire

3.1 Nous voulons être entendus et reconnus

Nous avons au cours de nos 2 derniers congrès départementaux, mis l’accent sur la volonté d’être entendus et reconnus, dans la société toujours à construire, comme dans la CGT.

Notre conception de la vie humaine, fondée sur la reconnaissance, la dignité et l’égalité en droits de tous, constitue le socle à partir duquel nous construisons les rassemblements et les luttes pour assurer notre avenir, en nous appuyant sur les évolutions scientifiques, sur les gains de productivité, sur un autre partage des richesses et sur une perception renouvelée du vieillissement.

3.2 L’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé

Dans notre pays, l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé ont continué de croître ces dernières années mais de façon différenciée selon le secteur d’activité professionnelle.

Cette réalité est loin d’être identique dans les pays voisins. Il est d’ailleurs significatif de comparer les évolutions dans quelques pays de l’Europe :

Espérance de vie en bonne santé à la naissance, en années (Tableau 1)

Année

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Evolution

2001/2007

HOMMES
Allemagne

63,2

64,1

64,4 (e)

65,0 (e)

/

55,0

58,5

58,8

-5,3

Espagne

66,5

66,0

66,6 (e)

66,8 (e)

62,5 (b)

63,2

63,7

63,2

-2,8

France

60,1

60,5

60,4 (e)

60,6 (e)

61,2 (b)

62,0

62,7

63,0

2,5

Italie

69,7

69,8

70,4 (e)

70,9 (e)

67,9 (b)

65,7

64,7

62,8

-7,0

FEMMES

 

 

Allemagne

64,6

64,5

64,5 (e)

64,7 (e)

/

55,1 (b)

58,0

58,3

-6,2

Espagne

69,3

69,2

69,9 (e)

70,2 (e)

62,5 (b)

63,1

63,3

62,9

-6,3

France

63,2

63,3

63,7 (e)

63,9 (e)

64,1 (b)

64,3

64,1

64,2

0,9

Italie

72,9

73,0

73,9 (e)

74,4 (e)

70,2 (b)

66,5

64,1

61,9

-11,1

e = Valeur estimée ; b=Rupture de série

Le tableau précédent montre que l’espérance de vie en bonne santé entre 2001 et 2007 a diminué, tant pour les hommes que pour les femmes, pour l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, tandis qu’elle a augmenté pour la France.

Toutefois, en France, les lois « hôpital, santé, patients et territoire » aggravant les conditions d’accès aux soins d’une part et la loi sur les retraites de novembre 2010 allongeant la durée d’activité des salariés d’autre part vont sans doute avoir comme conséquence une diminution de l’espérance de vie en bonne santé, voire une diminution de l’espérance de vie, notamment dans les secteurs d’activité à hauts risques, pour lesquels aucune prise en compte de la pénibilité a été réalisée.

C’est ainsi, que selon les dernières statistiques connues :

-      un cadre supérieur aurait à 35 ans une espérance de vie de 47 ans soit jusqu’à 82 ans et une espérance de vie en bonne santé de 34 ans soit jusqu’à 69 ans.

-      un ouvrier aurait à 35 ans une espérance de vie de 41 ans soit jusqu’à 76 ans et une espérance de vie en bonne santé de 24 ans, soit jusqu’à 59 ans.

-      Avec une telle perspective, on comprend mieux pourquoi nos camarades des professions portuaires, de la métallurgie, de la construction et de la chimie continuent de se battre pour obtenir la reconnaissance de la pénibilité et pour un départ en retraite anticipée.

3.3 Mieux connaître les populations des villes et de notre département

Les luttes de 2010 pour la défense du droit à la retraite ont permis d’avancer dans la connaissance de la réalité sociale des retraités et de mieux prendre la mesure l’importance de l’évolution de la  population retraitée.

Depuis notre dernier congrès, avec l’amélioration du travail de l’INSEE, nous connaissons mieux la composition de la population des villes et de notre département.

Nous connaissons par tranches d’âge la population retraitée (Cf tableau 2) :

Population 2007 (Tableau 2)

Villes

Tranches d’âge (ans)

Population

 

Retraités

0 / 59

60 / 74

75 / 89

90 et +

Totale

 

Hommes

Femmes

Total

%

Aix en Pce

112 312

18 571

11 342

1 180

143 405

11 351

15 350

26 701

18,6

Arles

41 506

8 030

5 042

502

55 080

5 687

6 636

12 323

22,4

Aubagne CAP

79 213

13 672

7 523

787

101 195

9 519

10 960

20 479

20,2

La Ciotat

26 302

6 546

3 836

354

37 038

4 854

5 171

10 025

27,1

Gardanne

35 607

6 120

2 879

282

44 888

4 697

4 151

8 848

19,7

Istres

35 048

5 330

2 248

152

42 778

3 684

3 744

7 428

17,4

Marignane

31 497

5 162

2 778

251

39 688

3 419

3 622

7 041

17,7

Marseille

661 574

111 002

72 608

7 212

852 396

74 974

94 683

169 657

19,9

Martigues

35 791

6 807

3 375

275

46 248

4 902

4 392

9 294

20,1

Miramas

26 437

4 113

1 922

132

32 604

3 052

2 403

5 455

16,7

Les Pennes

29 194

6 454

3 065

225

38 938

4 373

4 723

9 096

23,4

Salon

34 937

6 105

3 657

323

45 022

4 212

4 982

9 194

20,4

Vitrolles

31 814

3 877

1 651

138

37 480

2 636

2 691

5 327

14,2

 

 

 

B des Rh

1 520 971

267 334

153 870

14 755

1 956 930

182 909

209 228

392 137

% Population

77,7

13,7

7,9

0,8

 

9,3

10,7

20

 

3.4 La place des retraités dans cette société toujours à construire

« La vieillesse est une construction sociale, la représentation que nous en avons est liée à la société dans laquelle nous vivons.

Aujourd’hui, notre société est conçue, organisée autour de l’idéologie de l’homme économique : l’être humain au service de la finance en lieu et place du travail et de l’économie conçue comme réponse aux besoins individuels et collectifs.

Cette inversion d’objectifs transforme l’individu en un objet exploitable, un individu-objet qui a des ressources humaines dont on peut tirer profit.

Penser la vieillesse comme une expérience, un moment de vie avec ses spécificités. Vieillir c’est à la fois perdre des capacités et disposer de capacités nouvelles et suffisantes pour continuer d’avancer.

Si nous revendiquons une 3ème partie de la vie, libérée des contraintes du travail salarié, c’est pour lui donner sens.

Permettre au plus grand nombre de bien vieillir, c’est faire prendre conscience des choix économiques , sociaux et environnementaux qui conditionnent la qualité de la vieillesse et de la fin de vie. » (Document d’orientation 9ème congrès de l’UCR)

 

3.5 LES BESOINS DES RETRAITÉS AUJOURD’HUI

De quoi les retraités pourraient-ils avoir besoin aujourd’hui si ce n’est de la reconnaissance de leur place au sein de  la société et de leurs droits pour changer leurs conditions de vie. Vieillir est une chance, pas une charge.

 

 

Quelques chiffres relatifs à la population des bouches du Rhône :

Population estimée par sexe et âge au 1er janvier 2009

Tableau 3

Tranche d’âge

Bouches-du-Rhône

Provence – Alpes – Côte d’Azur

France

Ensemble
moins de 20 ans

484 655

1 147 932

15 959 565

de 20 à 39 ans

509 380

1 176 173

16 594 183

de 40 à 59 ans

533 191

1 335 756

17 506 699

de 60 à 74 ans

277 984

762 850

8 707 584

de 75 ans ou plus

174 057

495 339

5 554 754

Total

1 979 267

4 918 050

64 322 785

 
Hommes
moins de 20 ans

248 044

589 542

8 165 358

de 20 à 39 ans

248 329

578 015

8 254 239

de 40 à 59 ans

254 257

639 784

8 574 775

de 60 à 74 ans

129 591

356 159

4 104 389

de 75 ans ou plus

64 413

186 355

2 037 803

Total

944 634

2 349 855

31 136 564

 
Femmes
moins de 20 ans

236 611

558 390

7 794 207

de 20 à 39 ans

261 051

598 158

8 339 944

de 40 à 59 ans

278 934

695 972

8 931 924

de 60 à 74 ans

148 393

406 691

4 603 195

de 75 ans ou plus

109 644

308 984

3 516 951

Total

1 034 633

2 568 195

33 186 221

P: résultats provisoires arrêtés fin 2010

Source : INSEE estimation de population au 1er janvier

 

A – Les retraités  « citoyens à part entière »

Les retraités des Bouches du Rhône comme ailleurs, participent à la vie économique du département bien qu’ils ne soient plus en activité.

Par exemple, beaucoup d’entre eux aident leurs proches, en gardant leurs petits enfants, en apportant leur soutien à leurs parents invalides etc…, palliant ainsi aux carences et aux insuffisances dûes aux politiques néfastes successives de nos gouvernants. D’autres encore s’investissent dans la vie, l’animation de quartiers, de communes, de collectivités territoriales, dans des associations  humanitaires, culturelles etc…

Les retraités doivent conserver leur activité citoyenne, c’est-à-dire être capable d’apprécier, de donner leur opinion, d’agir pour tous les problèmes de société qui se présentent à eux, de contribuer à faire vivre la démocratie à tous les niveaux. Cela évite le repli sur soi, l’isolement et aide à développer l’image des retraités actifs, citoyens à part entière.

B – Les retraités et leur pouvoir d’achat

Année après année, les retraités constatent une baisse continue de leur pouvoir d’achat. On a beaucoup parlé en 2010 de la réforme du système de retraite et de l’augmentation du nombre de trimestres cotisés pour bénéficier d’une pension complète. On nous a même dit que cette réforme était indispensable pour continuer de payer nos pensions. Mais, celles-ci n’ont été revalorisées qu’à hauteur de 0,9% pour le régime général du secteur privé et de 0,72 % pour les retraites complémentaires.

Dans le même temps, les prix ont augmenté de 1,8 % en moyenne, selon les chiffres de l’indice INSEE publiés le 13 janvier 2011. Mais, cet indice global sous estime les hausses réelles des produits consommés tous les jours. C’est ainsi que l’Energie a subi une hausse de 12,5 % sur un an et que la hausse atteint même 26,5 % lorsqu’il s’agit d’énergies liquides à savoir le carburant pour les voitures et le chauffage pour la maison.

S’agissant de produits alimentaires, l’INSEE fait état d’un modeste indice de 1,2 % de hausse pour 2010 mais il inclut les rabais consentis lors des promotions dans les magasins, ce qui fausse la donne. De même, l’INSEE indique aussi que les produits frais ont augmenté de 9,4 % et que cette même hausse atteint 15,9 % pour les fruits et légumes frais, ceux-ci devenant des produits de luxe comme les poissons et les crustacés dont les prix ont augmenté de 7,5 % sur l’année.

Si on regarde sur 2011, augmentations des  assurances de 3,5 à 5 %, des mutuelles, de la consultation chez le médecin  de 22 à 23 € et la liste n’est pas terminée. les médicaments qui étaient remboursés à 35 %, ne le seront plus qu’à 30 %.

La pauvreté frappe durement les retraités et les personnes âgées. Ils sont actuellement 12 % à recourir à l’aide alimentaire.

Dans notre département, 16,6 % de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (soit moins de 950 € par mois) dont 7,6 % de retraités.

Il y a dans les bouches du Rhône 452041 retraités de 60 ans et plus.

Ci-après un tableau reprenant l’évolution des pensions moyennes brutes, en euros constants :

Tableau 4

Pensions

2004

2005 (r)

2006 (r)

2007(r)

2008 (r)

2009(r)

Pensions de base

775

796

816

839

869

882

Pensions complémentaires

387

397

408

419

433

442

Ensemble des pensions (1)

1 034

1 065

1 099

1 132

1 176

1 196

 

r : données révisées.

 (1) : la pension totale n’est pas égale à la somme des pensions de base et complémentaires, tous les retraités ne percevant pas ces deux types de pensions. Les montants sont calculés hors accessoires et pensions de réversion.

Champ : bénéficiaires d’un avantage principal de droit direct dans un régime de retraite de base ou complémentaire au cours de l’année n, nés en France ou à l’étranger, résidents en France ou à l’étranger, vivant au 31 décembre de l’année.

Source : direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) ; enquête annuelle auprès des caisses de retraite 2004 à 2009, EIR 2004 et 2008, modèle ANCETRE.

 

La revalorisation des pensions, basée sur l’inflation, est insuffisante pour maintenir le pouvoir d’achat des retraités. La situation est inacceptable. Il est absolument essentiel et indispensable d’agir pour obtenir un pouvoir d’achat permettant aux retraités de vivre dans la dignité.

C – Les retraités et l’accès aux soins

Avoir accès aux soins est un droit fondamental. Ce droit doit être effectif pour tous, partout et à tout moment. Mais il n’est pas encore une réalité pour tous. Tous les retraités doivent avoir, comme tout un chacun, accès aux soins qui lui sont utiles. Aucun ne doit être considéré, comme un objet à administrer, que ce soit au domicile, en institution ou à l’hôpital.

Alors que les capacités à soigner sont sans précédent du fait des progrès en médecine et en technologies disponibles, les mesures prises par le gouvernement ces dernières années sont une véritable remise en cause du droit de se soigner.

La population des retraités et des personnes âgées recouvre un éventail d’âge allant de 60 ans (environ) à la fin de vie. Au sein de cette population, ce sont plus particulièrement les personnes les plus âgées qui ont des besoins spécifiques en raison de plusieurs facteurs :

- augmentation des besoins de soins en fonction de l’âge

- isolement social plus ou moins accentué,

- risque de fragilisation physique, mentale, psychologique ou sociale,

- grande sensibilité aux conditions climatiques inhabituelles (grands froids ou canicules)

- absence de moyens de transports personnels et difficultés de déplacement,

- besoin fréquent de coordination entre des actes sanitaires et des aides qui permettent le

maintien à domicile,

- ressources souvent faibles, principalement pour les retraités les plus âgés et pour les veuves et veufs.

Les gouvernements successifs ont mis en place  un ralentissement organisé de la part des recettes de la sécurité sociale qui provient des employeurs. Cette part est venue augmenter la part des profits dans la valeur ajoutée, augmentation observée depuis 1983. Ces recettes manquantes n’ont pu être compensées et prises en charge que partiellement par les salariés (cotisations), les citoyens (impôts) et les consommateurs (taxes). En conséquence, pour établir un autre équilibre, une politique de baisse des prestations est donc menée :

-      ce sont les réformes successives sur les régimes de retraite,

-      l’augmentation du coût des soins médicaux, les franchises médicales, les dépassements d’honoraires,

-      la diminution ou le non remboursement des médicaments, les hausses des restes à charge, la restructuration de l’Hôpital public,

-      la baisse de l’aide sociale (au logement, à l’emploi, au handicap),

-      c’est aussi la suppression de la demi-part fiscale aux veuves, veufs, séparés,

-      c’est encore la réforme engagée sur la dépendance qui pousse encore plus loin les agressions contre les retraités.

-      c’est aussi la remise en cause des accords sur les régimes de retraites complémentaires  ARRCO/AGIRC

-      et l’augmentation des cotisations mutuelles

La réalité est loin de correspondre aux exigences et aux besoins vitaux des retraités. Les difficultés rencontrées dans l’accès aux soins sont d’ordres différents en raison de handicaps liés à l’âge et à la condition physique de ceux-ci.

Les questions de la santé restent une des préoccupations majeures des retraités. Le bien vieillir dépend des moyens consacrés à la prévention et aux soins.

Les complémentaires santé :

Au fil du temps, les complémentaires santé se sont substituées à la sécurité sociale, dans un premier temps pour les lunettes, les lentilles etc… et ensuite pour le dentaire, certaines pour des raisons historiques. Les complémentaires santé ont pour seule activité de rembourser le complément du remboursement de la sécurité sociale. Elles sont organisées soit au niveau géographique, soit au niveau professionnel (groupe ou entreprise).

Cette situation a été remise en cause par la construction européenne.  La France est le seul pays où il existe une sécurité sociale forte complétée par un mouvement social mutualiste. Les compagnies d’assurance avaient une influence très limitée à l’origine (à peine 3% du marché). Dans les autres pays, c’est le marché assurantiel qui assure le principal des remboursements.

Sous couvert de l’union européenne, les gouvernements français successifs ont engagé une ouverture à la concurrence. Cela conduit à une transformation des principes fondamentaux de la sécurité sociale, surtout en ce qui concerne la pharmacie, les actes médicaux annexes (kiné, soins infirmiers, examens de radiologies et de laboratoire) et bien entendu le dentaire et l’optique qui sont pour ces 2 derniers quasiment pris totalement en charge par les complémentaire

Cette situation favorise les desseins de la Mutualité française qui avait voté contre la création de la sécurité sociale en 1945. Elle tient en quelque sorte aujourd’hui sa revanche. Mais cette victoire va avoir un goût amer pour les mutualistes.

La mutualité reste un organisme à but non lucratif, elle n’a pas d’actionnaires à rémunérer mais le dogme de la concurrence impose des règles de solvabilité extrêmement draconiennes. Cela impose aux mutuelles de constituer des réserves financières très importantes ; Le résultat a été la disparition des milliers de petites mutuelle et la constitution d’une quinzaine de groupements mutualistes ; Ce qui éloigne le mutualiste des centres de décisions et la direction de gestion des professionnels surtout financiers.

Ce transfert de charges, organisé sciemment, de la sécurité sociale vers les groupes mutualistes  aura un impact direct sur les retraités qui n’auront plus les moyens de se payer une mutuelle complémentaire.

Perte d’Autonomie :

Le vieillissement démographique aura en effet pour conséquence un accroissement des problèmes liés à la perte d’autonomie dans toutes les catégories de logement (public, privé, locatif, pleine propriété…) dans les années à venir.

Si la dépendance n’est pas directement liée à une situation sociale, il en va cependant tout autrement en ce qui concerne les moyens d’y faire face.

Ceux qui ont des grands moyens peuvent envisager des aides à domicile de niveaux élevés. Cela allant de garde malade de 4 heures à 24 heures, avec aides médicales, ménagères, personnel de compagnie, au placement en maison de retraite médicalisée ou pas, mais haut de gamme.

Pour la majorité des personnes, les financements se font en prenant 90 % du montant de la retraite de la personne dépendante et si cela s’avère insuffisant, des aides peuvent être demandées pour venir en complément :

-      Aide départementale aux personnes âgées qui est donnée en fonction de certains critères (degré de dépendance, état du patrimoine, placements financiers etc…)

-      Aide personnalisée au logement

-      Des assurances dépendance mais qui sont proposées par les banques ou les compagnies d’assurances à des prix qui ne permettent pas à tout le monde de pouvoir en bénéficier (les cotisations allant jusqu’à 100/120 € par mois)

Et la famille est mise à contribution si cela s’avère nécessaire.

Dans un rapport publié le 23 juin 2010, la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale préconise :

-      d’appliquer aux retraités imposables le même taux de CSG que celui des actifs, soit 7,5 % (actuellement de 6,6%). Dans un même temps, les retraités non imposables deviendraient éligibles à un taux réduit de CSG de 3,8%. Faut-il rappeler que la pension moyenne est de 1212 € (825 € pour les femmes)

-      De plus, ils seraient soumis à la contribution solidarité autonomie (la journée de travail gratuit des salariés) à hauteur de 0,3 %

-      La mission parlementaire propose aussi de rendre obligatoire dés 50 ans, la souscription d’une assurance des personnes contre « la perte d’autonomie »

-      Il est également proposé de recentré l’APA (allocation aux personnes âgées) uniquement sur les cas les plus lourds classés de GIR 1 à GIR 3, excluant du bénéfice de l’allocation toutes les personnes âgées classées GIR 4 ; Pire encore, l’allocataire devrait choisir entre une APA à taux plein « à condition d’accepter un droit de reprise sur sa succession future » ou une allocation « diminuée de moitié mais sans reprise sur sa succession ».

Ce projet vise à faire la part belle aux assurances privées pour pallier les financements et mettre davantage à contribution les retraités, les salariés et les familles dans la prise en charge des personnes en perte d’autonomie.

La perte d’autonomie devrait relever de la sécurité sociale afin de garantir un financement solidaire pour faire face aux aléas de la vie de la naissance à la mort. C’est une des propositions de la CGT.

Le volume financier consacré aux aides à la personne (APL : aide personnalisée au logement, AL : allocation logement) se réduit un peu plus chaque année.

Dépenses d’aide sociale en 2007
en % sauf Total

Total (en milliers d’euros)

dont aides aux personnes âgées

dont allocation personnalisée d’autonomie

dont aides aux personnes handicapées

Bouches-du-Rhône

986 169

9,70%

12,90%

13,10%

 

D- Les retraités et le logement :

Les retraités et personnes âgées, comme nombre d’autres catégories de personnes sont touchés de plein fouet par la hausse considérable des prix de l’immobilier, des loyers et des charges locatives, le manque de logements sociaux adaptés à leurs besoins spécifiques.

Comme beaucoup, les retraités et personnes âgées souhaitent pouvoir vieillir dans le domicile de leur choix, et rester le plus longtemps possible dans leur environnement.

Mais pour nombre d’entre eux, surtout ceux dont les revenus sont les plus modestes, ce choix n’est plus possible.

Les logements sociaux sont en nombre insuffisant et, compte tenu des critères de famille le plus souvent appliqués pour leur attribution, il s’avère que les personnes âgées ne sont pas la population privilégiée pour y accéder.

Par ailleurs, trop souvent, des retraités et personnes âgées sont obligés de quitter leurs logements notamment lorsque les loyers sont devenus trop coûteux, le plus souvent lorsqu’ils sont situés dans les centres villes. A contrario, d’autres sont contraints de rester dans leur logement inadapté, voire trop grand, car ils ne peuvent se reloger de façon plus appropriée, eu égard à un loyer trop lourd dans un autre logement.

A ces questions s’ajoute le problème de l’adaptation de l’habitat et des villes au vieillissement de la population. Car, sur ce plan, les personnes de plus de 60 ans qui représentent aujourd’hui plus de 22,84 % de la population dans notre département et devraient représenter plus de 30 % en 2030, ont des besoins spécifiques.

Aujourd’hui, les politiques d’accession à la propriété discriminante vis-à-vis des retraités et personnes âgées, le vieillissement du parc locatif des HLM, les carences des services publics, aggravent les ségrégations urbaines et peuvent vider de son sens le droit au logement si l’exercice de celui-ci a pour effet de contraindre à résider dans un quartier impossible à vivre.

La question des besoins d’adaptation des logements sera de première importance dans les années qui viennent. Le problème des modalités de maintien à domicile va également se poser avec acuité et les structures d’aides et de services seront amenées à se développer pour répondre aux besoins des retraités et personnes âgées.

Pour la catégorie des retraités et personnes âgées, la qualité de l’habitat se trouve impérativement et étroitement liée à celle de l’environnement urbain, aux facilités de déplacement, à l’accès à tous les services de proximité et à l’usage des services publics locaux.

E – Les retraités et l’accès à la culture, la formation, les loisirs

Les retraités des Bouches du Rhône ont besoin d’avoir accès à la culture, aux loisirs, de pratiquer les sports qui les intéressent, d’apprendre à maitriser les nouvelles technologies pour éviter de nouvelles formes d’exclusion sociale et aussi pour le bien vivre, le travail de mémoire et le maintien des liens avec les autres générations.

Ils ont besoin que tous ces accès soient facilités grâce à des tarifs abordables qui leur permettent d’y participer.

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