3 Syndicalisme retraité et son évolution

D’un peu plus de 15 millions aujourd’hui, les retraités représenteront 1/3 de la population en 2040. C’est une situation en pleine évolution où se côtoient maintenant quatre générations. C’est un fait inédit et il n’existe pas de modèle quant à l’organisation et au fonctionnement d’une telle société. Ce nombre grandissant de retraités est  donc un enjeu majeur pour la société et pour la CGT.

 

Les gouvernements actuels prennent le contrepied de cet enjeu en essayant de faire passer l’idée du coût insupportable que ferait peser à la société l’allongement de la vie des retraités. Pourtant l’allongement significatif de la durée de vie en bonne santé n’est-elle pas  la première réelle bonne nouvelle que reçoit l’humanité depuis des lustres.

C’est dans une telle perspective que notre USR CGT doit se poser les questions quant à l’évolution du syndicalisme retraité.

 

 

 

 

 

1. La mission essentielle de l’USR13 CGT est d‘assurer la défense des intérêts des retraités du département à partir de leurs revendications spécifiques et de l’ensemble des avancées sociales et démocratiques acquises depuis des décennies.

 

 

2. Une des spécificités de la population retraitée est qu’elle se situe en dehors de l’entreprise. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 15 millions de retraités en 2011 et 117 000 syndiqués à la CGT. L’immense majorité des retraités se trouvent naturellement hors de l’entreprise mais aussi hors de la CGT. Nous mesurons alors l’ampleur des responsabilités de notre USR CGT avec plus de 400 mille retraités dans la département pour 4 000 syndiqués CGT. Ne faut-il pas prendre des dispositions particulières pour aller « chercher » les retraités là où ils sont ?

 

3. Par la force des choses, les revendications des retraités évoluent et se modifient au gré des âges et des lieux où ils résident, sans pour autant se désintéresser des préoccupations des autres générations.

 

4. C’est pour toutes ces raisons que nous avons besoin d’être au sein d’une organisation  syndicale de classe et de masse où seront pris en compte, intérêts spécifiques et intérêts généraux.

 

5. Le nombre grandissant des retraités est un enjeu majeur pour toute la société mais aussi pour la CGT. Les deux derniers congrès de notre UCR ont permis de mettre en évidence le double aspect de cette réalité en y apportant sa propre réponse : Construire une société de tous les âges, et faire de la CGT une force pour tous les âges.

Mais à l’évidence, nous sommes obligés de constater que ce qui fait ou entrepris dans ce domaine est bien loin des nécessités. Nous l’avons mesuré pendant toute la bataille contre la réforme des retraites et tout au long de cette année 2010 avec des progrès au niveau des idées mais qu’en est-il du point de vue de l’organisation ?

Ne pourrait-on pas faire le point, tenter un bilan, ou pour le moins interroger, s’interroger par professions, par localité ?

 

6. Développer une activité syndicale à partir des revendications spécifiques et diversifiées des retraités contribue à l’épanouissement individuel et collectif pour cette période particulière de la vie. C’est encore plus vrai actuellement.

Il apparaît ainsi que les plus de 70 ans d’aujourd’hui nés au plus tard en 1930 ont subi de plein fouet la guerre, et les débuts difficiles de l’après-guerre. Rappelons-nous également que les trente glorieuses l’ont été  et que surtout pour l’économie, le capital et que les conditions de vie des salariés ne s’améliorèrent qu’au fil du temps et à l’issue de luttes victorieuses.

Tout au plus pouvons-nous affirmer sans risque d’erreur qu’une amélioration des conditions de vie, de travail et de permanence de l’emploi ne pourraient avoir que des effets bénéfiques à terme sur les conditions sanitaires (physiques et mentales) des futurs retraités et donc sur leur longévité. Plus globalement, l’allongement de la durée de vie en bonne santé parce qu’il est une conquête de l’être humain sur son destin apparaît bien pour l’essentiel comme la résultante de l’ensemble des acquis sociaux et des progrès scientifiques et donc comme l’instrument de mesure privilégié du progrès de civilisation.

Encore faut-il que ce progrès soit partagé par le plus grand nombre. C’est aussi une des responsabilités du syndicalisme retraité.

 

 

7. La conception de cette activité syndicale, les forces que nous devons déployer pour remporter des succès, nécessitent de développer une syndicalisation massive des retraités. Une telle vie syndicale ne peut se mener qu’en proximité des lieux de vie des intéressés. Avancer dans ce domaine est une question vitale pour toute la CGT. Cela n’implique-t-il pas une autre façon de militer, d’aller chercher les retraités là où ils sont, de s’intéresser à tous les aspects de la vie dans le lieu de vie des retraités eux-mêmes ? Ne faut-il pas inventer sous peine de perdre le contact avec les retraités dans leur grande majorité ? N’est il pas question de notre propre crédibilité ?

 

8. Cela implique, qu’il faut parvenir à dépasser la seule conception d’engagement syndical de fidélité, pour l’enrichir et mieux l’adapter aux besoins spécifiques des retraités.

C’est tout l’enjeu du syndicalisme retraité, mettre un syndicalisme d’organisation, de contestation, de proposition et d’action au service de tous les retraités.

 

9. Cette démarche milite en faveur de la construction d’un syndicalisme voulu et décidé par les adhérents. Un syndicalisme où chaque adhérent est à la fois auteur et acteur et décideur.  Elle doit se concevoir en prenant en considération le temps que chacun voudra ou pourra lui consacrer si l’on sait sortir du syndicalisme « à la papa » et choisir une vraie activité syndicale basée sur la lutte pour de nouvelles conquêtes sociales prenant en compte le défi démographique qui se présente devant nous.

 

 

10. Le syndicalisme retraité a de réelles possibilités de se développer dès lors que l’on travaillera au développement de la démocratie.

 

 

11. Dynamiser notre démarche revendicative, faire vivre la section syndicale, le syndicat avec les syndiqués, se préoccuper de la proximité appelle à revisiter nos modes de vie et nos structures syndicales propres aux retraités.

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