Pas touch’ à la Liberté de la presse, au droit à l’image.

Cette photo sera-t-elle un jour INTERDITE ?

 La  loi « sécurité globale » a été adoptée le 5 novembre en commission des lois de l’Assemblée nationale. Un premier constat s’impose aux personnes qui ont suivi l’examen du texte : une ambiance singulière, lugubre et fuyante. Un silence de plomb rompu seulement par divers éclats de rires du groupe LREM, incongrus et parfaitement indécents compte tenu de la gravité du texte examiné…

Cette loi illustre la méthode législative propre aux États policiers : la police écrit elle-même les règles qui définissent ses pouvoirs.

D’abord, littéralement, l’auteur principal du texte, Jean‑Michel Fauvergue (LREM), est l’ancien chef du RAID, de 2013 à 2017. Il est l’un des deux rapporteurs du texte. À travers lui et, depuis son pupitre en commission des lois, la police a pu imposer son autorité. Quand la députée Danièle Obono (LFI) s’inquiète pour nos libertés fondamentales, Fauvergue lui reproche de « déverser [son] fiel sur la société française ». Voyant Obono insister, il lui intime même : « Allez prendre vos gouttes! »

Cette discussion impossible s’est aussi traduite dans l’attitude de l’autre rapporteure du texte, Alice Thourot. Chaque fois qu’un amendement proposait de limiter ne serait-ce qu’un tant soit peu les nouveaux pouvoirs de la police, elle restait cloîtrée dans une unique et lancinante réponse, se résumant à : « Cette disposition a été demandée par la police, il faut l’adopter telle quelle ».

Sur le fond du texte aussi, le rapport de force semble basculer brutalement en faveur de la police. L’article 24 de la loi, qui conduira en pratique à empêcher la population et les journalistes de filmer et de diffuser les images de violences policières, fera disparaître un contre-pouvoir fondamental dans l’équilibre des institutions.

Ainsi donc, les violences policières seront « étouffées » comme le fut Georges Floyd, ce noir américain mort étouffé par quatre policiers blancs.  Sans caméra et photos ce meurtre serait resté impuni. Et je ne parle pas de toutes les bavures commises ces derniers temps dans les diverses manifestations !

Le texte sera examiné par l’ensemble des députés à partir du 17 novembre

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