Un crédit vous engage et doit être remboursé. ..

Au lieu de faire payer les patients ( par une augmentation de la part restante), les employés ( par les suppressions de postes et d’emplois), le contribuable (par l’augmentation de ses impôts) puisque de nombreux projets hospitaliers (comme  les nouvelles urgences de la Timone) ont été financés par des emprunts bancaires, avec la bénédiction de l’État….. Alors, faisons- payer les responsables, ceux qui ont contracté de ces emprunts toxiques qui ne peuvent plus payer !
Si c’était vous ou moi qui deviez de l’argent à votre banque, le traitement vous le connaissez: pas de répit ni de pitié pour les plus  faibles: on saisie vos comptes!
Il faut, à minima, que AP-HM s’inspire de l’exemple Grec et refuse de payer le surcout de crédit dû à la décision Suisse de laisser flotter leur monnaie.Il faut renégocier sur la base de la valeur du Franc Suisse avant la décision des autorités monétaires Helvète. Il n’ a y aucune raison pour que les banques augmentent leur profits sur ces crédits de près de 20% du jour au lendemain,rien ne le justifie…

Ces Messieurs eux s’en foutent, ce n’ est pas leur fric qu’ils manipulent !
SVPat

Un article  de Sophie Manelli paru ce jour 5.02.2015 dans la Provence

Marseille : l’hôpital saigné par les banques
Les intérêts exigés pour rembourser des emprunts toxiques deviennent vertigineux.L’exemple du CHU marseillais

Dès son arrivée, début 2013, à la direction des hôpitaux de Marseille, la nouvelle équipe a senti la patate : « On s’est tout de suite dit : ces produits-là, il va absolument falloir s’en défaire, parce que tôt ou tard, ils vont nous sauter à la figure… », raconte Jean-Marc Viguier, le secrétaire général de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM).

Trois ans plus tard, la bombe vient d’exploser. La déflagration s’est produite… à Berne, à la mi-janvier, quand la banque nationale suisse a brutalement décidé de mettre fin au taux plancher du franc suisse contre l’euro. Résultat immédiat : une envolée de la monnaie helvète . Et une flambée sans précédent des intérêts des emprunts indexés sur le franc suisse : en une journée, leur coût a doublé !

70 M€ de dette toxique

Le rapport avec les hôpitaux marseillais ? C’est qu’en France, cette bombe financière fait de nombreuses victimes collatérales : les collectivités, hôpitaux et organismes publics, qui avaient contracté ce type d’emprunts.

C’est donc le cas de l’AP-HM, dont les comptes sont gangrenés par 70 M€ de dette toxique, « des produits indexés sur à peu près tout et n’importe quoi, comme le cours de l’aluminium au Brésil, dont les variations sont totalement imprévisibles et pas du tout encadrées », résume Jean-Marc Viguier.

Des emprunts tellement « pourris »que depuis 2010, les banques se sont engagées à ne plus en vendre. L’AP-HM est le CHU français le plus « empoisonné » par dette. « À l’époque, le CHU marseillais n’avait pas de fonds propres, ces crédits avaient été contractés pour financer des projets hospitaliers qui avaient reçu l’aval du gouvernement, dans le cadre des plans hôpital 2007 et 2012. l’AP-HM s’est endettée à hauteur de 600 M entre 2006 et 2012″, précise le secrétaire général.

Des taux qui grimpent…

Sur ces 70 M€ de dette toxique, 12 sont indexés sur le Franc suisse. « Ces contrats, qui ont été conclus à 1,6 %, peuvent monter jusqu’à 14, 15 % à l’échéance. Et sur les 25 ans que courent ces crédits, rien ne garantit que cela ne sera pas pire… ». Une tuile pour l’AP-HM, endettée jusqu’au cou (à hauteur d’1 milliard d’euros, pour un budget annuel de 1,3 milliard €), qui va devoir faire face à cette nouvelle ponction financière. « Rien que pour la prochaine échéance la somme à débourser atteint 250 000 : plus du double de l’échéance précédente », indique la direction.

Et contrairement à d’autres crédits empoisonnés, notamment ceux qui avaient été passés avec la banque Dexia (démantelée depuis, ses actifs ont été repris par la SFIL), il semble bien difficile de renégocier cette dette en Francs suisses. « La banque allemande, la Debfabank, qui nous avait vendu ces produits a été démantelée et nous avons du mal à trouver des interlocuteurs », explique Jean-Marc Viguier.

Pour l’heure, la seule solution est donc de provisionner : 1,2 M€ dorment ainsi dans les caisses de l’AP-HM en prévision des intérêts à venir. Depuis 2 ans, une cellule de suivi travaille à renégocier ce qui peut l’être pour alléger la dette toxique. Mais comme les autres hôpitaux, la direction compte aussi sur une aide de l’État. « Un fonds de 100 M a déjà été créé. Il faudrait encore 100 M, rien que pour les CHU. »

10 à 19 milliards

Le montant total des emprunts toxiques souscrit par les hôpitaux et les collectivités est estimé entre 10 et 19 milliards d’€. Plus de la moitié serait indexé sur la parité avec le franc suisse. D’après l’association des acteurs locaux contre les emprunts toxiques (APCET), qui rassemble ces collectivités « empoisonnées », les indemnités annuelles de la dette publique toxique s’élèvent à 6 milliards d’euros.

Financer autrement

Pour l’avenir, le monde hospitalier étudie la possibilité de se passer partiellement des banques, allant chercher directement ses propres investisseurs. Sur le modèle de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, qui n’a désormais plus recours à aucune banque, et émet ses propres emprunts sur le marché financier. « L’AP-HP a su fidéliser des investisseurs, parmi eux il y a beaucoup de Japonais », explique Jean-Marc Viguier.

À son initiative, une vingtaine de CHU, dont Marseille, sont en train de créer un groupement, pour proposer des titres à des fonds de pensions, des assureurs, des caisses de retraites. « Il s’agit d’émissions obligataires, c’est-à-dire des produits très stables, très sécurisés. L’idée est de mixer ces produits avec des emprunts bancaires » explique Jean-Marc Viguier.

Baptisé CHU France Finances, ce groupement a déjà son siège à Marseille. Il table sur une première intervention cette année à hauteur de 100 M€. Des investisseurs suisses, allemands, autrichiens, israéliens ont déjà manifesté leur intérêt.

 

 

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