Amiante : « Un véritable Hiroshima silencieux »

Rassemblement d’ampleur le 21 octobre à Aix. Plus de 1500 victimes de la Région Paca, ont dénoncé un traitement de dossier long, une justice peu équitable, des indemnisations au rabais.

Région Paca : 25 000 cas. Caper 04 : 57 morts. Caper Isère : 97 morts. Cerader 24 : 97 morts… La liste longue, douloureuse, s’alourdit chaque jour, pesant dans les mémoires, les milieux professionnels comme dans les foyers où les décès dûs à l’amiante sont déjà estimés à 100 000 d’ici 2015. « Un véritable Hiroshima silencieux », déclarait Guy Debost, porte-parole des victimes d’Arles et coordinateur du large rassemblement hier, dès 8h30, à Aix où plus de 1500 victimes de la région Paca, étaient soutenues par des délégations de Bergerac (Dordogne) à Roussillon (Isère).

Une manifestation porteuse, organisée devant le palais de justice « avec l’objectif de s’inscrire dans une démarche de prévention de santé publique » explique G. Debost, ajoutant : « Si on dénonce pour faire payer les responsables, c’est pour éviter aux générations futures une autre catastrophe sanitaire et sociale. L’amiante a sciemment été utilisée pour cause de rentabilité. Le nombre de morts ne cessent de croître, et rien n’est réglé. La maladie ne survient que 20, 30, 40 ans après exposition. Et, une seule fibre suffit à contaminer contrairement à ce qu’on veut nous faire croire ».

Et de revendiquer : « On veut être jugés dans un lieu central, facile d’accès, visible de tous. Le temps n’est pas un allié, on demande comme cela est appliqué à Douai, des traitements de dossiers de 3 mois au lieu de 12. On veut des jugements équitables pour tous, que notre préjudice d’anxiété soit identique à celui dans l’Allier et on dénonce la demande de remboursement exigée à certains alors que cette somme a été actée par un premier jugement ».

Jamais encore ils n’avaient organisé un mouvement de cette ampleur. Et alors que tous les corps de métiers étaient représentés (Chantier naval, pétrochimie, sidérurgie, arsenal militaire, etc.) pour en appeler au bon sens de la justice, P. Castello (CGT) évoque : « un combat commun nécessaire ».

Parmi les victimes, P. Seux, s’indigne : « La cour d’appel d’Aix est la seule qui individualise les dossiers ». Un peu plus loin, A. Sauveur, atteint d’un cancer à 58 ans (après 35 ans chez Arkéma), annonce : « Mon employeur remet en cause la faute inexcusable aujourd’hui, alors que la sécurité sociale a reconnu la maladie professionnelle ». A côté de lui, Jean (62 ans) s’est vu refuser « un prêt bancaire pour l’achat d’une voiture » à cause de sa maladie. Un peu plus loin, Montserrat Bartalini, veuve, relate : « Mon mari est mort à 74 ans en 2008 d’un cancer déclaré en 2002. Il a vécu 6 ans sous oxygène. Il avait démarré à l’âge de 14 ans au Chantier naval de la Ciotat. Sa fin de vie fût affreuse ». Une situation d’autant plus inacceptable que note G. Dubost : « le gouvernement grignote les budgets ».

Hier, les manifestants décidaient de créer un comité de coordination régionale.

Houda benallal La Marseillaise

 

 

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