11 février 1951, Ambroise Croizat…

11 fevrier 1951, Ambroise Croizat achevait son parcours de dignité. le 17 février , 1 million de personnes l’accompagnaient au père Lachaise……Ainsi commence la biographie  sur son parcours d’homme en humanité…

“Et dans ce silence, tombé comme un volet fermé, commence à travers ce Paris qu’il a tant aimé, ce Paris qui l’aime, son dernier voyage”. écrivait Jean-Pierre Chabrol dans l’Humanité, du 19 février 1951.17 février. Un samedi de pluie. Gris dans les rues mortes. La foule dense, compacte, avance à pas de corbillard. Une marée de parapluies plantée de drapeaux et de banderoles. Ils sont sept cent mille, un million peut être. “Regardez notre cher Ambroise, on dirait qu’il avance vers nous.”. C’est un vieux qui parle. En canne et casquette. Il bat la semelle sur les trottoirs bondés de l’avenue de la République. Il attend depuis trois heures le cortège qui mène en terre Ambroise Croizat, ministre du Travail, décédé le 11 février. Le silence s’épaissit. A peine troué par la pluie qui frappe le pavé. Boulevard Magenta, la foule happe des haies de visages. Des enfants sur les épaules saluent de la main. Secoué par le vent, un portrait géant ouvre le brouillard. “C’était comme un fleuve veiné de tricolore ou tremblait la brume des cravates de crêpe, ajoute le journaliste. Œillets, lilas par milliers, des couronnes sur toute la largeur de la rue. Par milliers sur des kilomètres. Comme si des parterres fleuris s’étaient mis soudain à marcher. Mineurs du Nord ou d’Alès, en bleu, lampe au côté, métallos de Citroën ou de Renault, élus barrés d’écharpes, la France entière s’était, ici, donné rendez-vous.”Place de la République. Quinze heures. On voit maintenant la tête du cortège. Marcel Cachin, Jacques Duclos, André Marty, Benoît Frachon, Etienne Fajon… Ce matin, ils entouraient, en garde d’honneur, le catafalque exposé rue Lafayette, au siège de la CGT. Ils ont vu défiler des milliers d’anonymes. Hier, à la “Maison des Métallos”, la ronde a duré jusqu’à minuit. “Je fais comme les autres, dit une vieille qui touche le cercueil, je pleure. Ma retraite, la première de ma vie, c’était lui…Et pour moi, tout a changé depuis”.“Dans le silence empli de parfums, des fleurs encore. Fleurs porteuses d’amour, comme si le pavé était jardin”, poursuit Jean-Pierre Chabrol.
Cimetière du Père-Lachaise. Dix-sept heures. Piétinement mouillé comme une litanie. Devant la tribune dressée à l’entrée, des gerbes de tous pays. Celles des sidérurgistes de Milan ou de Rome, celles des métallos de Lorraine ou de Finlande, des ouvriers du bâtiment de Tunis ou d’Alger. La voix de Benoît Frachon, au loin, bien après les haies de roses : “La mort t’a enlevé, camarade. Ecoute l’hommage qui monte. C’est ton peuple qui t’aime. Et la sécurité sociale que tu nous as donnée sera pour nous le droit de vivre enfin sereinement sans les angoisses du lendemain …………”.

One thought on “11 février 1951, Ambroise Croizat…

  1. Par cette forme de financement (cotisation) la Sécurité Sociale se libérait
    de l’emprise du capital.Une forme révolutionnaire afin de mettre fin à la domination de la finance.Macron l’a très bien compris qui veut inclure dans le budget de l’état celui de la Sécu..

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