A toutes les Rosie !!!

Qui se cache derrière Rosie la riveteuse, cette figure emblématique du féminisme ?

D’après et par Alexandre CHAUVEL  d’ Ouest France Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais sûrement son symbole. Une femme, bandana rouge à pois blancs sur les cheveux, salopette en jean, et le biceps serré, pour montrer la puissance, avec l’inscription « We can do it ! », « nous pouvons le faire », en français. Cette image, c’est en partie Rosalind P. Walter qui l’a construite.

Née en juin 1924, cette Américaine est décédée mardi 4 mars, à l’âge de 95 ans. Petite fille de parents fortunés, elle devient une figure importante du féminisme américain pendant la Seconde Guerre mondiale. À 19 ans, elle décide de rejoindre la Vought Aicraft Company à Stratford, dans le Connecticut, où elle devient ouvrière et travaille dans l’équipe de nuit à enfoncer des rivets dans les corps métalliques des avions de chasse Corsair.

Comme des millions d’autres femmes, elle a choisi de rejoindre le front intérieur, pour armer les troupes de munitions, navires de guerre et avions, un travail qui avait presque toujours été réservé aux hommes.

En 1942, après un article de presse à son sujet, une chanson est entonnée en son honneur, et la transforme en légendaire Rosie the Riveter (Rosie la riveteuse), l’archétype des femmes travailleuses en salopette et bandana qui ont maintenu à flot les usines militaires américaines pendant cette guerre

 Une image symbolique

Les paroles de la chanson sont les suivantes : « Toute la journée, qu’il pleuve ou qu’il vente, elle est à la chaîne de montage, elle entre dans l’histoire, travailler pour la victoire, Rosie la riveteuse. » Une chanson qui a inspiré cette affiche du dessinateur J. Howard Miller, mettant en scène une de ces ouvrières, le biceps serré, pour montrer la puissance des femmes. Cette image, aujourd’hui, est encore utilisée comme symbole de l’égalité femmes-hommes dans le monde entier.

 

Rosalind P.Walter est décédée mardi 4 mars, à l’âge de 95 ans. (Capture d’écran Twitter)

 

Celle qui en était à l’origine est donc décédée quelques jours avant la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, où de nombreux hommages lui seront sûrement rendus. Ce n’était en revanche pas elle qui a posé directement pour la célèbre image (il s’agit de Naomi Parker, décédée en 2018). Par la suite, d’autres femmes ont à leur tour incarné Rosie la riveteuse pour des couvertures de magazine. Mais Rosalind P. Walter restera celle sans qui cette affiche phare n’aurait peut-être pas existé.

Après son expérience d’ouvrière, elle est devenue une philanthrope reconnue qui a longtemps participé à l’éducation populaire par le biais des médias audiovisuels et a soutenu les programmes de télévision publique à travers les États-Unis. Depuis 1978, Rosalind P. Walter a été la plus grande supportrice de WNET, le principal service de radiodiffusion publique, et elle a contribué au financement de 67 émissions ou séries télévisées.

De nombreux détournements

 

Kendall Jenner, en mode Rosie the Riveter. (Photo : capture d’écran YouTube) Lors de la campagne Rock The Vote, pour inciter les jeunes et les femmes à voter aux élections américaines de 2016, la star Kendall Jenner a pris la pose de Naomi Parker.

 

 

La chanteuse Beyoncé a fait de la condition féminine son cheval de bataille. En 2014, elle postait une photo d’elle sur Instagram, prenant la pose et montrant les muscles sous le slogan « We can do it ».

 

Dans le magazine trimestriel américain Utne, le personnage de dessin animé Marge Simpson prend la même pose que Rosie la riveteuse, poing serré, chemise retroussée et foulard à pois dans les cheveux.
La dernière à la mode !

 

 

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