Georges Séguy est décédé

Nous savions qu’il luttait depuis de nombreuses années contre la maladie. Hospitalisé il y a quelques jours à l’hôpital de Montargis il est décédé samedi en début d’après-midi. La CGT a décidé de lui rendre un hommage national en septembre au siège de la centrale. Voir la vidéo de l’INA : Georges Séguy interrogé à l’issue des négociations de Grenelle en 1968.

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2 thoughts on “Georges Séguy est décédé

  1. Le bel hommage de Mélenchon à Séguy
    DEPUIS SEGUY

    Ce jeudi je me trouvais aux funérailles de Georges Séguy. Je pensais que c’était ma place pour manifester la présence de toute notre ample famille politique au-delà des appartenances singulières. Séguy était membre du PCF, certes à sa façon personnelle, mais d’une manière totalement fidèle et loyale.

    Mais il était bien davantage encore pour beaucoup de gens et dans de nombreux registres humains. J’avais présent à l’esprit les responsabilités qu’il a eu à prendre dans des moments cruciaux de l’histoire de notre pays.

    À mes yeux il est la figure quasi centrale de Mai 1968 quoique je n’ai pas l’intention de minoriser les autres composantes syndicales et de la jeunesse de ce moment.

    Pour le comprendre il faut admettre l’idée que ce mois-là fut celui de dix millions de travailleurs en grève avec occupation de leurs usines très souvent, et non le monôme étudiant que Daniel Cohn Bendit prétend avoir dirigé. Séguy avait de très rudes décisions à prendre. Il ne lui fallait aller ni trop au-delà du point à partir duquel les masses ne pourraient aller, ni en deçà pour ne pas démoraliser le mouvement. Les ouvriers de Renault lui crièrent de ne pas signer les accords de Grenelle. Il ne signa pas. Il s’en remit à ce que le mouvement était prêt à faire. Son choix fut le bon comme on le vit ensuite. Car les comités de grève ne se fédérèrent pas comme certains l’auraient cru ou voulu.

    Dans le monde d’alors, celui des deux blocs, en pleine négociation sur la paix au Vietnam, une erreur d’évaluation du rapport de force aurait pu déboucher sur un drame.

    Il resta de cette immense mobilisation une énorme moisson de conquêtes salariales et sociales. Mais surtout aussi un élan qui contraint le PS à se refonder et à signer le programme commun que proposaient les communistes depuis Waldek Rocher. 13 ans plus tard c’était mai 1981 et une nouvelle moisson de conquêtes sociales et politiques. L’onde de choc du mouvement social avait rencontré un projet politique fédérateur. A méditer.

    Pour ma part je pensais à cela et je constatais combien mon point de vue avait évolué depuis cette époque où le jeune homme que j’étais pensait que le mouvement avait été stoppé du fait de chefs syndicalistes trop prudents. Mener le combat en première ligne oblige au sens de la responsabilité collective : il faut être économe des forces des autres et prudent dans son usage. Pour nous les erreurs de stratégie peuvent être catastrophiques pour de longues périodes.

    Autre chose que je veux partager avec mes lecteurs. Georges Séguy avait été déporté au camp de concentration de Mathausen Il avait 16 ans. Il portait le triangle rouge que les nazis mettaient aux militants de gauche et syndicalistes. Il réchappa. Mais de ce lieu qui aurait pu lui faire perdre toute confiance dans l’humanité en voyant de quelle horreur elle était capable dans tous les aspects de la déportation d’alors, il ressortit comme un militant voué au bien commun, à la solidarité caractéristique du syndicalisme.

    Dans ce petit cimetière du Loiret, au milieu de ses vieux camarades et de sa jeune parentèle, je voyais s’ajouter au défi et à l’énigme de la mort celui de l’altruisme irrépressible que les humains peuvent aussi porter en eux contre vents et marées, en dépit de tout et malgré tout. Je voulais vous inviter à y penser dans ce moment glauque que nous vivons. L’exemple de Seguy nous apprend à ne pas désespérer sur l’essentiel.

    Ensuite on passa au casse-croute chez mes amis Cathy et jerome Schmitt, syndicalistes eux aussi, militants politiques eux aussi. Eux se comptaient parmi les amis personnels de Georges Séguy. Les jeunes gens à table promirent d’entrer plus avant dans la lutte. Je crois bien qu’ils vont le faire. Et ce jour gris et pluvieux a bien fini puisqu’il commence ainsi un nouveau chapitre quand bien même la main qui tenait le stylo est-elle partie. JLM

  2. Communiqué Union Départementale Cgt 13.

    Décès de Georges Séguy
    Georges Séguy : La Disponibilité, L’autorité, L’Humilité d’un dirigeant hors du commun.
    L’UD des Bouches du Rhône, tous ses syndiqués, s’inclinent et s’associent à la peine de ses proches et de ses compagnons de route.
    Un homme qui voulait changer le quotidien des salariés et des plus humbles, qui voulait changer leur vie, la Vie… et qui n’a cessé de s’engager dans de multiples domaines à ces fins.
    La CGT de notre département s’honore d’avoir coopéré, échangé, lutté à ses côtés alors qu’il dirigeait la confédération puis lorsqu’il animait « l’appel des 100 pour la Paix » et dont le point d’orgue reste pour tous, ce rassemblement national à Paris.
    Nous n’oublions pas non plus les liens de fraternité qu’il avait tissé avec les militants de l’UD13. Nous n’oublions pas non plus qu’il se tenait parmi les militants lors de l’inauguration de la Maison des Syndicats de Martigues.
    Rien de nostalgique aujourd’hui en ce 80ème anniversaire de 1936 à s’attarder sur les accords Grenelles de 1968 et la somme des avancées sociales dues à la mobilisation des salariés et à la contribution à leurs luttes, d’hommes d’exception tels Benoît Frachon et Georges Séguy. Etre dans le camp des modernes dans la période que nous traversons, reste encore le camp de Georges Séguy. Que celles et ceux qui le saluent alors qu’il est décédé se souviennent que nous revendiquons de poursuivre dans sa voie.
    L’Union Départementale des Bouches du Rhône reste résolu à poursuivre son combat afin d’honorer son engagement et sa personne, c’est à notre sens notre façon d’être auprès de sa famille en ces douloureuses circonstances.