Le 4 octobre 1945 est acquise la Sécurité sociale

La grande majorité de la population ne connaît pas les durs combats pour l’acquérir. A cette époque, la scolarité obligatoire était jusqu’à 14 ans. Les premiers affiliés atteignent de nos jours 85 ans. Sa mise en place le 4 octobre 1945 s’effectue 5 mois après la victoire sur le nazisme le 8 mai 1945. Elle est décrétée dans une France meurtrie, ruinée par la deuxième guerre mondiale. Actuellement se poursuivent les commémorations du 70e anniversaire de la libération de notre pays. Aussi convient-il de rappeler brièvement le déroulement de la situation à cette époque.

La défaite en 1940 de nos armées contre les envahisseurs de l’Allemagne fasciste et la trahison, la collaboration des dirigeants de notre pays ont fait capituler notre pays entraînant l’occupation de notre territoire. Des forces de résistance n’acceptent pas et combattent cette situation de dictature parmi lesquels gaullistes et communistes s’engagent. Le peuple de France a beaucoup souffert durant cette période jusqu’à la libération. D’horribles crimes, des résistants torturés, fusillés, des Députés gaullistes, juifs, communistes furent incarcérés dans les camps de la mort.

Les organisations diverses de la Résistance se sont unies dans le Conseil national de la Résistance (CNR) le 27 mai 1943. Des résistants qui risquent leur vie veulent obtenir des garanties pour la population avec le changement des conditions de vie et de travail après la libération de notre pays et la victoire contre le fascisme.

Pour répondre à cette légitime volonté, des dirigeants des organisations de résistance travaillent à la réalisation d’un programme. Ils échangent des propositions à concrétiser durant l’action contre l’occupant. La prudence, la sécurité exigent beaucoup de précautions pour la rédaction des textes. Pour y parvenir, l’unanimité doit l’accepter.

Elle s’obtient après plusieurs mois de travail le 31 mars 1944, le programme rédigé est diffusé.

Ce précédent d’initiative prouve la nécessité actuelle d’un programme rassemblant le plus largement possible la gauche combattante pour le réel changement. Il ne s’agit pas, hier comme aujourd’hui, de lutter sur le moment contre la politique du moment. Il s’avère indispensable de préciser ce qui sera fait à sa place. Le programme devient essentiel. Il doit préciser les meilleures garanties du changement.

Après la victoire, le programme du CNR dans la grande majorité des dispositions mentionnées a été promulgué. Les Ministres communistes fidèles à leur engagement légifèrent d’importantes avancées sociales parmi lesquelles, avec Ambroise Croizat, la Sécurité sociale. D’autres avec Marcel Paul, le statut de l’EDF-GDF, François Billoux impulse la reconstruction puis développe les mesures de santé, Maurice Thorez instaure le statut des mineurs, Charles Tillon, créateur de l’Organisation de la Résistance FTP (Francs Tireurs Partisans), fait développer l’aviation.

Ce programme sert aussi à la rédaction de la constitution de la République. Il met en évidence la nécessité pour la nation et l’intérêt de son peuple de la maîtrise de tout ce qui est essentiel à la vie du pays.

Le meilleur moyen qui a fait ses preuves demeure la nationalisation. Durant des décennies, elle contribue et garantisse l’évolution de notre pays en satisfaisant les besoins de la population. Les privatisations qui les ont abolies profitent aux capitaux privés, au développement du profit au détriment de ceux qui travaillent et créent des richesses. Elles ont conduit à la crise économique et financière. Les banques nationalisées puis privatisées prouvent avec la crise les conséquences de la gestion capitaliste.

L’expérience politique de la libération démontre dans une France ruinée, meurtrie par la guerre, la possibilité de promulguer d’importantes avancées sociales.

Ce passé historique apporte des progrès sociaux dans notre pays, financièrement beaucoup plus appauvri qu’à l’heure actuelle.

Dans ce contexte, la Sécurité sociale a été instaurée. Elle répondait à un besoin de la population souvent affaiblie, malade des privations alimentaires. A partir des ordonnances de 1967, elle subit des atteintes aux droits des assurés sociaux.

Après Sarkozy, le gouvernement socialiste n’améliore pas la situation des assurés sociaux, des allocataires et des retraités, les trois branches de cette conquête sociale. Il poursuit cette orientation antisociale s’acharnant à l’application de l’austérité. Or, d’autres solutions financières ouvriraient de meilleurs soins à tous, des prestations familiales et des retraites contribuant à la relance économique. Il est possible de changer cette orientation destructrice en faisant participer au financement ceux qui possèdent la mise de l’argent.

Le prochain budget dont les éléments connus continuent la dégradation financière au développement des assurances privées et à la mise en œuvre de son existence.

La poursuite de l’austérité accable cette conquête sociale. Le changement de politique devient le seul moyen de l’améliorer et de la pérenniser.

Il est important de marquer cet anniversaire de la Sécurité sociale et le rôle des communistes Ministres.

Michel Cacciotti (La Marseillaise, le 13 octobre 2014)

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