Les tontons flingueurs défouraillent contre les retraites

Comment doit-on appeler un homme politique jurant ses grands dieux qu’il veut protéger le système des retraites par répartition, garantir le niveau des pensions, prendre en charge le principe d’universalité, qui, en même temps, fait rédiger un projet de loi dans lequel il est écrit (article 64): «Le présent article ratifie trois ordonnances relatives aux dispositifs de retraite supplémentaire».
Ah bon? Le système universel, la caisse de retraite unique, s’empare des réserves accumulées par les retraites complémentaires et fait disparaître celles-ci et crée des caisses de retraite «supplémentaires»? Nuance! les caisses de retraites complémentaires principales, celles du régime général fusionnées dans l’AGIRC-ARRCO, sont à répartition, le retraites «supplémentaires» sont à capitalisation: c’est de l’épargne-retraite!
Mais attendez! Ça se gâte … car le projet de loi continue: «Elle [la loi PACTE] vise à renforcer l’attractivité de l’épargne retraite afin d’offrir aux épargnants des produits plus performants». Tiens, mais pourquoi donc? Est-ce que, par hasard, le système à points – presque universel avec des régimes spécifiques (quelle rigolade!) – ne serait pas si performant que ça? mais alors, pourquoi le mettre en place alors qu’il suffirait d’améliorer ce qui existe?
La suite nous explique tout: «D’autre part, le développement de cette épargne de long terme procurera aux entreprises davantage de financements en fonds propres pour accompagner leur croissance et financer l’innovation». Ah, comme ça, on comprend mieux, les véritables bénéficiaires de la réforme des retraites, ce seront les actionnaires ou associés qui profiteront de l’épargne à long terme pour augmenter leurs fonds propres, c’est-à-dire leur capital.
Mais ça n’est pas tout: «les principes de la réforme ont été fixés dans la loi PACTE: […] stimulation de la concurrence sur ce marché par ouverture de tous les produits d’épargne retraite aux assureurs, aux gestionnaires d’actifs, et aux fonds de retraite professionnelle supplémentaire».
D’où la question: comment les syndicats «réformistes» peuvent-ils cautionner de telles dispositions, alors qu’en même temps, l’âge pivot n’est même pas retiré du projet de loi?
 Par Michel Perraud- Militant CGT, retraité de la métallurgie – La Marseillaise Languedoc 

« … les véritables bénéficiaires de la réforme des retraites, ce seront les actionnaires…

 

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