COVID : Et la souffrance psychique?

 

 Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient atteints.

« Qui aurait pu croire que cette inquiétante fable de Jean de la Fontaine, « les animaux malades de la peste », datant de 1678, puisse être d’actualité. C’est l’alerte que lance le docteur Christophe Prudhomme*, dans le numéro 225 de Vie Nouvelle, le magazine des retraités CGT. (article Louis Laprade) 

Si au plus fort de la crise, l’urgence n’était pas à la prise en compte des conséquences psychologiques du confinement, le sujet ne peut être éludé sous prétexte de diminution des personnes contaminées. Et toutes les générations sont impactées. Il ne s’agit pas là de nier ou de banaliser le nombre de décès et la douleur des familles. C’est dramatique et injuste, mais il faut admettre que cela reste heureusement minoritaire dans certaines catégories de population.

Par contre, comment sont pris en compte les dégâts occasionnés chez les plus petits par la privation de l’école, puis la dissimulation, sous un masque, des expressions et mimiques nécessaires aux premières relations et premiers apprentissages ? Quelles conséquences sur les adolescents contraints à être rivés encore davantage aux écrans, privés des premières étapes de l’autonomie ? Que dire des étudiants sans études et des travailleurs sans travail ? Dans quelles conditions les familles fragiles, confinées dans des appartements exigus, avec des moyens qui s’amenuisent, peuvent-elles envisager l’avenir ? Comment les retraités, les plus visés par le virus, ont-ils subi la pression psychologique, à être sans cesse inquiets et privés des contacts familiaux avec leurs enfants et petits-enfants ?

Cette dimension de la souffrance psychique, exprimée, latente ou cachée doit être maintenant prise en compte sérieusement. « Il y a urgence à ce que nous retrouvions une vie normale, qui garantisse à la fois une protection contre le coronavirus, mais qui assure le retour à des conditions nous permettant de recouvrer le meilleur état possible de santé dans lequel le moral revêt une importance majeure ». (Dr Christophe Prudhomme)

*Christophe Prudhomme est médecin urgentiste au Samu de Seine Saint Denis et porte-parole de l’association des médecins urgentistes hospitaliers de France.

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