Interpellons les député-e-s pour qu’ils votent non à cette réforme des retraites !

La réforme des retraites avait été adoptée à une courte majorité lors de son premier passage à l’Assemblée nationale. Le 5 novembre, le Sénat l’a rejetée à l’unanimité. Elle reviendra donc à l’Assemblée les 19 et 20 novembre.

 

Le rejet de la réforme est possible : il suffirait que ceux qui se sont abstenus en première lecture votent contre cette loi pour qu’elle soit rejetée faute de majorité. Bien sûr le gouvernement pourrait utiliser le 49-3 mais le caractère illégitime de cette contre-réforme en serait renforcé. Ce serait un encouragement à continuer pour le droit à la retraite et la défense de tous les droits sociaux.

 

Assurons-nous que les députés votent contre cette réforme inique !

Vous pouvez interpeller les députés de votre circonscription grâce à l’outil>>> http://www.retraites2013.org/  <<< mis en place par le « Collectif  Retraites 2013″:

(Eric Coquerel (PG), Annick Coupé (Solidaires), Isabelle de Almeida (PCF), Guillaume Floris (GA), Pierre Khalfa (Copernic), Alain Lipietz (EE-LV), Gérard Filoche (PS) Christiane Marty (Attac) sont membres du Collectif unitaire Retraites 2013.)

One thought on “Interpellons les député-e-s pour qu’ils votent non à cette réforme des retraites !

  1. Réponse de:
    Bernard Deflesselles
    À ….Moi
    Aujourd’hui 18 nov 2013 à 3h45 PM
    Madame, Monsieur

    Vous avez appelé mon attention sur les augmentations d’impôt actuellement votées au Parlement et qui touchent particulièrement les retraités. Vos observations portent notamment sur plusieurs mesures de financement de la réforme des retraites qui sont votées dans le cadre du projet de loi de finances et de financement de la sécurité sociale.

    Je tenais à vous assurer que j’avais pris connaissance de votre courrier avec toute l’attention qu’il mérite.

    Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a osé qualifier de réforme juste et structurelle un projet de loi relatif aux retraites qui se résume à un cocktail d’impôts, de taxes et de hausses de cotisations supplémentaires. Cette prétendue réforme est irresponsable à double titre : non seulement elle n’apporte aucune solution durable au déficit de notre système de retraites, puisqu’elle ne finance que 8 des 21 milliards du déficit attendu en 2020, mais les choix de financement effectués reviennent à baisser les pensions, le pouvoir d’achat des salariés et la compétitivité des entreprises. Tous les Français vont devoir payer la note d’une politique qui manque de courage et de vision. Les retraités, en particulier, sont très lourdement mis à contribution : d’ici 2020, ils participeront au financement de la réforme à hauteur de près de 3,2 milliards d’€.

    Conscient de cette situation, je me suis farouchement opposé à l’ensemble des mesures qui fragilisent les retraités.

    Le report au 1er octobre de la revalorisation des pensions, qui met les retraités à contribution à hauteur de près 2 milliards d’ici 2020, a fait l’objet d’une condamnation unanime des députés UMP : c’est d’ailleurs à la suite d’une demande de scrutin public de la part du Groupe UMP que l’article 4 du projet de loi de retraites portant cette disposition a été supprimé du texte. Toutefois, le gouvernement a utilisé les outils que met le règlement de l’Assemblée nationale à sa disposition, pour réintroduire cette disposition à la fin des débats, au mépris de l’avis de la représentation nationale.

    Nous nous sommes par ailleurs opposés à la fiscalisation de majorations de pensions pour trois enfants. Nous avons naturellement déposé des amendements de suppression de cet article injuste qui risque d’entraîner l’assujettissement de nombreux foyers retraités à l’impôt sur le revenu. Malheureusement, ces amendements n’ont pas été adoptés.

    Au pouvoir, nous avons toujours défendu le pouvoir d’achat des retraités. Ce gouvernement fait clairement le choix de baisser les pensions. Il faut rappeler, à cet égard, que ces hausses d’impôt s’ajoutent à la mise en place, l’année dernière, de la taxe de contribution additionnelle de solidarité.

    Vous estimez que plusieurs milliards d’économies pourraient être effectuées en alignant les régimes spéciaux sur le régime général. C’est tout à fait exact.

    C’est pourquoi le Groupe UMP a déposé et défendu de nombreux amendements visant à compléter le bilan des précédents gouvernements en matière de convergence. En effet, rappelons que les lois de 2003 et de 2010 ont permis d’harmoniser les règles qui s’appliquent en matière de durée d’assurance, d’âge légal, de décote, d’indexation, et de taux de cotisation, tant pour les fonctionnaires que pour les salariés.

    Toutefois, certaines inégalités subsistent. La prise en compte de différentes périodes de référence dans le calcul des pensions est totalement inéquitable. En effet, la période de 6 mois, retenue pour les fonctionnaires, est devenue le marqueur d’un sentiment d’injustice, sachant que les pensions de public restent sensiblement plus élevées que celles du privé.

    De même, malgré les décrets pris par le précédent gouvernement en 2008, qui ont permis de briser le tabou des régimes spéciaux, les catégories actives de ces régimes continuent de bénéficier d’avantages qui deviennent insupportable eu égard aux efforts qui sont demandés à tous les Français.

    Or, le gouvernement est resté sourd à nos amendements et interpellations, arguant du fait que le taux de remplacement des pensions était le même dans le privé et dans le public. Or, chacun sait que le taux de remplacement n’est pas une donnée fixe mais est amené à évoluer dans les années à venir au détriment des salariés du privé.

    Non seulement cette réforme exclut toute mesure de convergence supplémentaire entre les retraites du public et celle du privé, mais le gouvernement a décidé d’étaler sur une période plus longue l’application des hausses de cotisations que les fonctionnaires devront assumer au même titre que l’ensemble des salariés. Un comble, si l’on songe qu’il ne propose aucune mesure de financement des 13 milliards de déficit qu’il faut pourtant trouver d’ici 2020 pour garantir, au premier chef, le versement des retraites des propres agents de l’Etat.

    Ces considérations prouvent bien que le gouvernement impose aux parlementaires un projet de loi avant tout électoraliste. Son attitude est regrettable et dangereuse : s’il reste sourd aux aspirations exprimées par les Français en faveur de plus d’équité, il met surtout en péril la pérennité de notre système de retraite par répartition.

    C’est pourquoi, je reste, ainsi que l’ensemble des députés UMP, pleinement mobilisé en vue de la deuxième lecture du projet de loi sur les retraites qui interviendra dans les jours à venir.

    Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

    Bernard DEFLESSELLES,
    Député des Bouches du Rhône