Non-essentiels…?

….et pourtant vital !

Quand on veut nous faire avaler que l’essence de la vie a goût de pétrole, de kérozène ou de gazole pour faire tourner l’économie capitaliste, il est bon d’entendre cette petite musique désintéressée qui accompagne ces mots délicats sur l’essentiel, la culture que font vivre ces quelques poètes et autres histrions essentiels à nos sens, à nos âmes même. Merci Eric de déconfiner nos têtes.
 Merci à Maurice M…


Non essentiel …et pour tant vital

Non-essentiels, qui aurait dit qu’un jour on appell’rait comme ça
Ceux qui marchent à la poésie, à l’émotion et aux pourquoi ?
Quel est le faiseur de parlottes, le p’tit gratte-papier du pouvoir  
Qu’a choisi ces mots de despote pour insulter nos belles histoires ? 
 
Comment lui est v’nu à l’idée d’balancer dans les oubliettes  
Tout c’qui fait rêver, frissonner, qui nourrit nos coeurs et nos têtes
Qui a osé ces deux mots-là qui tirent un trait nos folies
Qui mettent un bâillon sur la voix d’ceux qui parlent pas d’économie  

No-essentiels, le p’tit libraire qui s’bat tout seul contre des moulins
Pour qu’il y ait sur ses étagères dix mille voyages dans ses bouquins 
Les larmes au rideau du théâtre qui pleure les beaux jours de Beckett
Qu’a pas arrêter d’se débattre pour pas finir en supérette
 
Les coups d’gueule de Vincent Lindon, les Ken Loach, les Costa Gavras
Aux caméras révolution qui font le monde moins dégueulasse
Le souffle de l’accordéon, les mains qui courent sur des guitares  
Danger d’virus pour la nation : Poètes, on verra ça plus tard
 
Non-essentiels sur sa console, l’intermittent du désespoir
La chouette assoc’ de bénévoles qui met d’la couleur aux nuits noires
Le boulot du programmateur, ses cent vingt places à faire vibrer
Avec cet inconnu d’chanteur qu’a pas d’showbiz dans ses couplets
 
Les pas d’la danseuse dans le vent qui sur son lac nous fait des signes
Le mec qui break ses vingt cinq ans, Hip-hop, sa vie qu’on égratigne  
Léo, j’te jure avec le temps faut qu’tu remballes ta poésie
Grand Jacques et ta valse à mille temps, tu peux j’ter tout ça aux orties
 
Non-essentiels les soirs de fête au resto des copains d’abord
Le bar à l’abri des tempêtes du monde, des cons et de la mort
Devant le magasin d’jouets, le gosse qu’invente le cinéma
Son pépé tout seul aux bleuets qu’aimerait bien l’serrer dans ses bras
    
Le beau bouquet pour ton amour, le flacon d’rêve du parfumeur
La Joconde, son sourire de v’lours, les ch’veux sur ta tête de vainqueur
Le partage, l’amour, la passion, l’ENA c’est pas dans son missel
Comme une étoile sur ma chanson dans le camp des non-essentiels
 
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