Dans les Bouches-du-Rhône, comme partout en France, la retraite complémentaire pèse beaucoup dans le revenu global des retraités. S’il est bien connu que la pension de base est versée par la Sécurité sociale, la retraite complémentaire tient une place grandissante. Chez les anciens salariés du privé (régime général), la retraite complémentaire Agirc-Arrco peut représenter 25 % à 45 % du total de la pension, selon le niveau de carrière et d’activité (source : Agirc-Arrco).
La retraite complémentaire permet de mieux vieillir sans sacrifier son niveau de vie. Mais pour en profiter pleinement, il faut avoir cotisé suffisamment longtemps… Une carrière incomplète vient perturber cet équilibre.
Dans les Bouches-du-Rhône, où de nombreux retraités ont eu des carrières dites « mixtes » (publique/privée, interruptions), ces questions sont particulièrement concrètes. On estime que près de 30 % des habitants du territoire ont eu une carrière incomplète (INSEE).
La retraite complémentaire se base sur un système de points :
Au 1er novembre 2023, la valeur du point AGIRC-ARRCO était de 1,4159 € (source officielle).
C’est la conséquence la plus directe. Sur dix ans d’interruption (maladie, chômage non indemnisé, congé parental non reconnu…), on observe une baisse nette du nombre de points. Par exemple, pour un salaire brut de 2000 €/mois, cela peut représenter une perte de 3200 points environ, soit plus de 4500 € de droits à vie en moins (simulation Agirc-Arrco 2023).
Pour les salariés du privé partis à la retraite avant 67 ans sans atteindre les trimestres requis pour le taux plein, un coefficient de minoration temporaire de 10 % s’applique sur la complémentaire (réforme du 1er janvier 2019). Il dure trois ans. Certaines personnes ayant eu des carrières hachées cumulent donc une pension déjà faible et ce malus supplémentaire.
Ce système reste en vigueur, malgré la réforme des retraites de 2023, et continue de pénaliser principalement les assurés avec interruptions de trajectoire.
Cas typique 1 : Danièle, ancienne vendeuse à Marseille, a accumulé 28 ans d’activité sur sa vie professionnelle (chômage longue durée après 50 ans). Sa pension complémentaire ne s’élève qu’à 380 € mensuels, contre 695 € pour ses collègues restées en emploi jusqu’à 62 ans.
Cas typique 2 : Michel, ancien artisan ayant ensuite travaillé dans le privé à Salon-de-Provence, n’a cumulé que 9 années pleines dans le régime général après plusieurs faillites. Sa complémentaire Agirc-Arrco ne dépasse pas 140 € mensuels malgré une vie marquée par l’activité.
Quelques chiffres clés (source DREES et Agirc-Arrco 2023) :
La carrière incomplète est une réalité pour de nombreux retraités des Bouches-du-Rhône. Mais ce constat n’est pas une fatalité : en comprenant précisément les mécanismes et en multipliant les démarches de régularisation, il est possible de limiter les pertes voire, parfois, d’améliorer considérablement sa situation. Les enjeux sont encore plus forts dans un département où la précarité des fins de carrière est fréquente. La retraite complémentaire n’est pas une donnée figée : elle s’ajuste à la vigilance et à la capacité à défendre ses droits – même à la retraite. Pour toute situation complexe, il est utile de solliciter les structures locales et de s’informer régulièrement sur l’évolution des règles et dispositifs.
Pour plus de ressources et de conseils pratiques sur la retraite dans le 13, n’hésitez pas à consulter les pages dédiées aux démarches administratives et aux aides sur ce site.