De plus en plus de retraités, dans les Bouches-du-Rhône comme partout en France, s’interrogent sur la possibilité de contracter un prêt immobilier après 60 ans. Financer un achat, soutenir ses enfants, adapter son logement ou changer de vie… Les besoins sont multiples. La question est pourtant simple : est-il possible d’obtenir un crédit immobilier en étant retraité ? La réalité est plus nuancée qu’on pourrait le croire.
Certes, l’âge et le statut de retraité posent des conditions d’accès spécifiques. Mais plusieurs solutions existent, et de nombreux établissements du département sont sensibilisés à la réalité des seniors. D’ailleurs, dans le 13, près de 350 000 habitants sont retraités (INSEE, 2022) – soit une demande réelle auprès des banques locales.
Malgré ces freins, le marché s’adapte. De nouvelles offres voient le jour, poussées notamment par le vieillissement de la population active.
Les retraités des Bouches-du-Rhône peuvent accéder à plusieurs catégories de prêts immobiliers, chacune adaptée à leur situation et à leur projet.
C’est le crédit immobilier le plus connu. Il permet de rembourser le capital et les intérêts chaque mois.
Le prêt relais peut servir de passerelle entre la vente d’un bien (souvent la résidence principale) et l’achat d’un autre logement. Il est particulièrement utilisé par des retraités vendant une maison devenue trop grande pour en acheter une plus adaptée.
Un dispositif moins connu, mais parfois bien adapté pour les seniors propriétaires. Le principe est de mettre son bien en garantie pour obtenir une somme d’argent (sous forme de capital ou de rente), remboursable uniquement au décès ou lors de la vente du bien.
Pour en savoir plus : voir la fiche de la Banque de France sur le prêt viager hypothécaire.
Plus d’informations sur Service-public.fr.
Il s’adresse aux propriétaires souhaitant lever des fonds sur la valeur de leur bien.
Plus d’informations : ANIL.
L’assurance est la principale difficulté pour les seniors souhaitant emprunter. Bien que la loi Lemoine (2022) permette désormais de changer d’assurance à tout moment et supprime le questionnaire de santé pour les prêts de moins de 200 000 € (remboursés avant 60 ans), la majorité des retraités dépassent ces critères et sont donc encore concernés par des formalités médicales.
Pour contourner les surcoûts et les exclusions, il existe :
Source : France Assureurs
| Âge de fin de prêt | Coût moyen de l’assurance | Type de garanties |
|---|---|---|
| 65 ans | De 0,30 % à 0,60 %/an | Décès, PTIA |
| 75 ans | De 0,90 % à 1,80 %/an | Décès, PTIA (rarement ITT/IPT) |
| 85 ans | Parfois plus de 2 %/an | Décès uniquement |
Conseil : Faire jouer la concurrence et ne pas hésiter à contacter un courtier, cela peut parfois diviser le tarif par deux.
Dans le 13, les retraités sollicitent essentiellement un crédit pour trois types de projets :
Un exemple vécu : à Martigues, une retraitée a obtenu un prêt amortissable de 85 000 € sur 10 ans à 2,8 % d’intérêt fixe à 67 ans, avec une assurance négociée séparément via une délégation pour limiter le surcoût. Autre cas à Aix-en-Provence, un couple de septuagénaires a eu recours à un prêt viager hypothécaire pour financer les travaux de maintien à domicile.
Les réalités du marché immobilier local doivent être prises en compte :
Chacune de ces options a ses avantages et ses limites. Se faire accompagner par un professionnel ou une association locale est souvent utile pour vérifier la pertinence de chaque solution selon sa situation familiale et patrimoniale.
Emprunter à la retraite reste tout à fait envisageable dans les Bouches-du-Rhône, à condition d’être bien préparé et bien accompagné. Les banques et assureurs, conscients du vieillissement de la population, adaptent progressivement leurs offres. Il est essentiel de prendre le temps de comparer, de bien s’informer et de faire jouer la concurrence – tout en s’appuyant, si besoin, sur les ressources locales comme l’ADIL 13, les courtiers indépendants, ou les associations de consommateurs.
Les solutions existent, et les retraités du département ne doivent pas hésiter à défendre leur projet immobilier, quel que soit leur âge.