Prêts immobiliers après 60 ans : Quelles options pour les retraités des Bouches-du-Rhône ?

Un projet immobilier à la retraite : réaliste dans le 13 ?

De plus en plus de retraités, dans les Bouches-du-Rhône comme partout en France, s’interrogent sur la possibilité de contracter un prêt immobilier après 60 ans. Financer un achat, soutenir ses enfants, adapter son logement ou changer de vie… Les besoins sont multiples. La question est pourtant simple : est-il possible d’obtenir un crédit immobilier en étant retraité ? La réalité est plus nuancée qu’on pourrait le croire.

Certes, l’âge et le statut de retraité posent des conditions d’accès spécifiques. Mais plusieurs solutions existent, et de nombreux établissements du département sont sensibilisés à la réalité des seniors. D’ailleurs, dans le 13, près de 350 000 habitants sont retraités (INSEE, 2022) – soit une demande réelle auprès des banques locales.

Les freins rencontrés par les retraités pour emprunter

  • L’âge au moment du remboursement : Les banques fixent souvent une limite d’âge (entre 75 et 85 ans selon les établissements) à ne pas dépasser à la fin du prêt.
  • La capacité de remboursement : Les revenus de la retraite sont jugés stables mais parfois inférieurs à ceux d’une activité professionnelle, ce qui peut limiter le montant emprunté.
  • L’assurance emprunteur : C’est le point clé. Plus vous avancez en âge, plus l’assurance coûte cher, et peut même refuser de vous couvrir totalement.
  • Les problèmes de santé : Certains passifs médicaux rendent la souscription à l’assurance complexe.

Malgré ces freins, le marché s’adapte. De nouvelles offres voient le jour, poussées notamment par le vieillissement de la population active.

Quels types de prêts immobiliers sont accessibles aux retraités ?

Les retraités des Bouches-du-Rhône peuvent accéder à plusieurs catégories de prêts immobiliers, chacune adaptée à leur situation et à leur projet.

Le prêt amortissable classique

C’est le crédit immobilier le plus connu. Il permet de rembourser le capital et les intérêts chaque mois.

  • Âge limite : généralement 75 à 85 ans à la fin du prêt (à vérifier selon la banque).
  • Durée : plus courte pour les seniors, souvent entre 10 et 15 ans.
  • Montant emprunté : plafonné selon les retraites perçues.
  • Assurance : possible, mais plus onéreuse.

Le prêt relais

Le prêt relais peut servir de passerelle entre la vente d’un bien (souvent la résidence principale) et l’achat d’un autre logement. Il est particulièrement utilisé par des retraités vendant une maison devenue trop grande pour en acheter une plus adaptée.

  • Avantage : évite d’être pressé lors de la vente.
  • Point de vigilance : bien évaluer la faisabilité de la vente dans le délai imparti.

Le prêt viager hypothécaire

Un dispositif moins connu, mais parfois bien adapté pour les seniors propriétaires. Le principe est de mettre son bien en garantie pour obtenir une somme d’argent (sous forme de capital ou de rente), remboursable uniquement au décès ou lors de la vente du bien.

  • Pas de mensualité à payer de son vivant.
  • Permet de liquider une partie du patrimoine sans vendre.
  • Solution utilisée, par exemple, pour financer des travaux d’adaptation ou soutenir un proche.
  • Attention : les frais et intérêts peuvent être importants.

Pour en savoir plus : voir la fiche de la Banque de France sur le prêt viager hypothécaire.

Le prêt aidé (PAS, prêt conventionné, etc.)

  • Les retraités modestes peuvent, sous conditions, bénéficier du Prêt d’Accession Sociale (PAS) ou d’un prêt conventionné, même à la retraite.
  • Ces prêts donnent accès à l’APL accession si les critères sont remplis.
  • Conditions : Plafonds de ressources à respecter, bien principal uniquement.

Plus d’informations sur Service-public.fr.

Le prêt hypothécaire classique

Il s’adresse aux propriétaires souhaitant lever des fonds sur la valeur de leur bien.

  • Exige d’être déjà propriétaire d’un bien immobilier.
  • Peut financer de nouveaux projets ou aider un proche.
  • Remboursement classique avec mensualités.
  • Frais de notaire et frais de garantie à prévoir.

Plus d’informations : ANIL.

Focus sur l’assurance emprunteur : un enjeu après 60 ans

L’assurance est la principale difficulté pour les seniors souhaitant emprunter. Bien que la loi Lemoine (2022) permette désormais de changer d’assurance à tout moment et supprime le questionnaire de santé pour les prêts de moins de 200 000 € (remboursés avant 60 ans), la majorité des retraités dépassent ces critères et sont donc encore concernés par des formalités médicales.

Pour contourner les surcoûts et les exclusions, il existe :

  • Les délégations d’assurance : possibilité de choisir un assureur externe à la banque (potentiellement plus avantageux ; comparer les offres !)
  • La convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) : facilite l’accès à l’assurance pour les personnes à l’état de santé fragile ou ayant eu de graves problèmes de santé.
  • Certains contrats d’assurances seniors : produits adaptés avec plafonds d’âge élevés et garanties plus limitées.

Source : France Assureurs

Âge de fin de prêt Coût moyen de l’assurance Type de garanties
65 ans De 0,30 % à 0,60 %/an Décès, PTIA
75 ans De 0,90 % à 1,80 %/an Décès, PTIA (rarement ITT/IPT)
85 ans Parfois plus de 2 %/an Décès uniquement

Conseil : Faire jouer la concurrence et ne pas hésiter à contacter un courtier, cela peut parfois diviser le tarif par deux.

Exemples concrets de projets immobiliers de retraités dans les Bouches-du-Rhône

Dans le 13, les retraités sollicitent essentiellement un crédit pour trois types de projets :

  • Achat d’un bien plus petit ou plus adapté (plain-pied, centre-ville, ascenseur)
  • Réalisation de gros travaux d’aménagement (accessibilité, isolation, domotique)
  • Soutien à l’achat d’un bien pour la famille (enfants/petits-enfants)

Un exemple vécu : à Martigues, une retraitée a obtenu un prêt amortissable de 85 000 € sur 10 ans à 2,8 % d’intérêt fixe à 67 ans, avec une assurance négociée séparément via une délégation pour limiter le surcoût. Autre cas à Aix-en-Provence, un couple de septuagénaires a eu recours à un prêt viager hypothécaire pour financer les travaux de maintien à domicile.

Besoins spécifiques des retraités dans les Bouches-du-Rhône

Les réalités du marché immobilier local doivent être prises en compte :

  • Prix au m² parfois élevé dans les zones privilégiées (Aix-en-Provence, Marseille-centre), ce qui limite le pouvoir d’achat comparé au montant de retraite médian (autour de 1 400 €/mois pour une personne seule selon la DREES, 2023).
  • Offres bancaires adaptées : plusieurs agences (Crédit Agricole Alpes Provence, Banque Populaire Méditerranée, LCL ou Caisse d’Epargne) ont développé des offres spécifiques pour les seniors (études personnalisées, prise en compte de l’âge, négociation sur la durée).
  • Maillage de courtiers spécialisés sur le territoire : ces réseaux accompagnent souvent les seniors dans le montage de dossiers parfois complexes.

Conseils pratiques pour mettre toutes les chances de son côté

  • Bien préparer son dossier : retraites, pensions complémentaires, absence de dettes, plan d’apport personnel.
  • Soigner son taux d’endettement : en France, ne pas dépasser 35 % des revenus (loi HSF de 2021).
  • Comprendre les frais annexes : notaire, garantie, frais de dossier et assurance, souvent sous-estimés.
  • Oser négocier : taux d’intérêt, assurance, voire frais de dossier.
  • Comparer les offres et consulter son ADIL : l’ADIL des Bouches-du-Rhône (ADIL 13) offre gratuitement un accompagnement neutre pour décrypter les contrats.

Autres solutions alternatives : investissement sans prêt classique

  • Le démembrement de propriété : acheter en nue-propriété et céder l’usufruit temporairement, ou l’inverse, pour faciliter l’acquisition sans recours à un crédit lourd.
  • L’achat en viager : souvent choisi par des seniors souhaitant sécuriser leurs revenus tout en restant chez eux.
  • La mobilisation de solutions d’épargne ou d’assurance-vie, en alternative ou en complément.

Chacune de ces options a ses avantages et ses limites. Se faire accompagner par un professionnel ou une association locale est souvent utile pour vérifier la pertinence de chaque solution selon sa situation familiale et patrimoniale.

Pour avancer sereinement dans votre projet

Emprunter à la retraite reste tout à fait envisageable dans les Bouches-du-Rhône, à condition d’être bien préparé et bien accompagné. Les banques et assureurs, conscients du vieillissement de la population, adaptent progressivement leurs offres. Il est essentiel de prendre le temps de comparer, de bien s’informer et de faire jouer la concurrence – tout en s’appuyant, si besoin, sur les ressources locales comme l’ADIL 13, les courtiers indépendants, ou les associations de consommateurs.

Les solutions existent, et les retraités du département ne doivent pas hésiter à défendre leur projet immobilier, quel que soit leur âge.

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