Tous les dispositifs d’exonérations fiscales pour les retraités dans les Bouches-du-Rhône

Introduction : la fiscalité du retraité, un paysage à connaître

Habiter les Bouches-du-Rhône est un privilège, mais aussi parfois un défi lorsqu’on gère un budget serré de retraité. De nombreux dispositifs fiscaux existent pour alléger la note, que vous résidiez à Marseille, Aubagne, Salon ou Arles. Mais tout le monde ne connaît pas l’intégralité de ces possibilités. Voici un tour d’horizon complet des exonérations fiscales destinées aux retraités installés dans le département 13. Vous trouverez dans cet article des informations fiables, des chiffres récents et des conseils pour optimiser votre situation fiscale et profiter pleinement de votre retraite.

Exonérations et allègements relatifs à la taxe d’habitation et la taxe foncière

La taxe d’habitation : une disparition progressive… mais pas pour tous

Depuis 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale a disparu pour tous les foyers, quel que soit le montant des revenus (Ministère de l'Économie). Cependant, si vous possédez une résidence secondaire dans les Bouches-du-Rhône – un mas de famille ou un appartement à la mer –, la taxe d’habitation reste en vigueur pour ce bien.

Les retraités modestes peuvent bénéficier d’exonérations ou de dégrèvements sur cette taxe, notamment si leur revenu fiscal de référence (RFR) ne dépasse pas certains seuils :

  • Exemple 2024 : 12 455 € pour la première part de quotient familial. (Source : Service-public.fr)

La taxe foncière : des exonérations pour les plus de 75 ans ou modestes

La taxe foncière, elle, reste applicable sur la résidence principale, mais des exonérations existent :

  • Exonération totale : Pour les personnes âgées de plus de 75 ans au 1er janvier de l'année d'imposition et dont le RFR est inférieur à un seuil déterminé : 12 455 € pour une part en 2024.
  • Exonération sous conditions : Bénéficiaires de l’ASPA (minimum vieillesse) ou de l’ASI (allocation supplémentaire d’invalidité), quel que soit l’âge.
  • Remarques locales : Certaines communes ou intercommunalités du département décident chaque année si elles maintiennent ou non les allègements facultatifs. Cela dépend du conseil municipal. Renseignez-vous auprès de votre mairie pour savoir si des allègements complémentaires existent sur la part communale.

Dégrèvements temporaires ou permanents

En cas de difficultés financières temporaires (par exemple après le décès du conjoint, une hospitalisation prolongée...), vous pouvez demander un dégrèvement exceptionnel auprès du centre des finances publiques. Ce dispositif n’est pas réservé aux retraités, mais il les concerne fréquemment.

Des réductions spécifiques sur l’impôt sur le revenu

L’abattement spécial pour les personnes âgées et invalides

L’impôt sur le revenu prévoit un abattement automatique si vous avez plus de 65 ans (ou êtes reconnu invalide à 40%) au 31 décembre de l'année d’imposition.

  • En 2024, cet abattement est de 2 620 € pour une part de quotient familial lorsque le RFR n’excède pas 17 200 €.
  • L’abattement est double pour un couple marié dont les deux membres remplissent la condition d’âge.
(Source : impots.gouv.fr)

Le crédit d’impôt pour emploi à domicile : un atout souvent sous-estimé

Employer une aide à domicile, une femme de ménage, un jardinier ou un bricoleur permet de bénéficier d’un crédit d’impôt égal à 50 % des sommes engagées (dans la limite de 12 000 € par an, voire plus selon la situation). Beaucoup de retraités ignorent que, même non imposable, ce crédit leur est remboursé en partie.

  • Les interventions à domicile sont courantes dans le 13, notamment pour le repassage, le ménage ou l’assistance administrative. Ce crédit est une vraie aide pour rester autonome.
(Source : Service-public.fr)

Réductions et crédits d’impôt pour la dépendance et l’adaptation du logement

Les dépenses liées à l’adaptation du logement au vieillissement sont aussi éligibles à certaines aides fiscales. Par exemple :

  • Crédit d’impôt transition énergétique (CITE) puis MaPrimeAdapt’ : Travaux d’adaptation de la salle de bain, pose de mains courantes…
  • Réduction d’impôt : Hébergement en EHPAD, jusqu’à 25 % des dépenses (plafonnées à 10 000 € par an).
(Source : économie.gouv.fr)

Allègements sociaux : CSG, CRDS et CASA, comment s’y retrouver ?

Des taux allégés pour les petites retraites

Les retraités sont soumis à la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) sur leurs pensions. Des exonérations ou taux réduits existent, selon le revenu fiscal :

  • Exonération totale : RFR inférieur à 12 230 € pour une part en 2024.
  • Taux réduit de CSG (3,8 %) : RFR jusqu’à 15 988 €.
  • Taux médian (6,6 %) et taux normal (8,3 %) : Au-delà, application des taux pleins.
(Source : lassuranceretraite.fr)

Il est important de noter : ces seuils s’apprécient sur le RFR N-2 (2022 pour 2024). Un changement ponctuel de situation (décès du conjoint, retour d’un enfant au foyer) peut donc avoir un impact différé. Astuce : N’hésitez pas à actualiser votre situation auprès de la caisse de retraite ou de l’administration si vous subissez une baisse durable de revenus.

Exonérations et remboursement de la CSG : des cas précis

Certains retraités, après avoir vu le RFR baisser sous le plafond, peuvent demander la restitution de la CSG prélevée à tort pour l’année précédente. Il s’agit d’une démarche à engager auprès de la caisse de retraite.

Zoom local : aides et exonérations spécifiques aux Bouches-du-Rhône

Des aides complémentaires de la métropole ou des communes

Dans le département, certaines villes mettent en place des exonérations ou remises supplémentaires sur la taxe foncière ou sur la redevance d’enlèvement des ordures ménagères quand les revenus sont faibles, ou en cas de veuvage.

  • La ville de Marseille, par exemple, propose un dispositif de secours facultatif pour les retraités en difficulté pour s’acquitter des impôts locaux.
  • À Aix-en-Provence, il existe aussi une commission d’aide sociale pour les aînés dans le besoin, qui peut intervenir en complément des allègements nationaux.

Ces dispositifs varient année après année. Il est donc conseillé de consulter les services sociaux municipaux ou le CCAS (Centre communal d'action sociale) de sa commune.

Précisions pour les propriétaires en résidence principale

Certains allègements sont majorés pour les retraités qui vivent seuls ou subissent une perte d’autonomie. De plus, si votre logement est classé « passoire thermique », la région Sud et le département proposent ponctuellement des aides à la rénovation énergétique : il ne s’agit pas d’exonérations fiscales au sens strict, mais de subventions ou de prêts bonifiés qui réduisent la charge financière globale. (Source : AMP Métropole)

Prestations sociales exonérées ou faiblement imposées

Une bonne nouvelle pour les retraités modestes : de nombreuses allocations et prestations ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu.

  • L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA ex-minimum vieillesse), l’ASI, l’APA (aide personnalisée à l’autonomie) et certaines aides de la caisse de retraite complémentaire sont entièrement exonérées d’impôt.
  • Les aides du département ou de la mairie, comme la « demande d’équipement d’urgence » ou les « chèques énergie », ne sont jamais imposables.

Il est essentiel de déclarer les aides perçues à titre informatif, mais elles ne sont pas intégrées au calcul de l’assiette imposable.

Astuces pour optimiser sa fiscalité locale : démarches et conseils pratiques

  • Simulez vos droits régulièrement : Utilisez le simulateur de impots.gouv.fr pour anticiper vos prélèvements.
  • Pensez à la mensualisation : Cela évite toute mauvaise surprise en fin d’année, surtout pour les nouveaux retraités qui ont un revenu en baisse.
  • Regroupez vos dépenses d’adaptation ou d’aide à domicile : Cela maximise l’effet des crédits ou réductions d’impôt chaque année.
  • Renseignez-vous localement : Contactez la mairie ou le service social du département, car des aides ponctuelles ou saisonnières peuvent être votées au fil des années.
  • Gardez une trace de vos démarches : Toute erreur ou oubli dans le calcul des allègements peut se rattraper, parfois jusqu’à deux ans en arrière (notamment pour la CSG).

Pour aller plus loin : bonnes pratiques et ressources essentielles

Trop de retraités n’osent pas demander ce à quoi ils ont droit, par méconnaissance ou lassitude face à la complexité administrative. Quelques conseils pour éviter de passer à côté d’une exonération ou d’une aide :

  • Se faire accompagner : Les points conseil retraite, les CCAS ou les associations locales (ex. : Union départementale des retraités) sont des relais précieux.
  • Ne pas hésiter à vérifier chaque année votre éligibilité : Les seuils de ressources évoluent régulièrement, et un simple changement dans la composition du foyer peut tout modifier.
  • Consultation personnalisée : En cas de doute, un rendez-vous avec un agent des finances publiques ou un conciliateur fiscal gratuit peut vous aider à clarifier votre situation.

La fiscalité des retraités dans les Bouches-du-Rhône repose sur de multiples dispositifs. Savoir les mobiliser, c’est gagner du pouvoir d’achat et souvent rester maître de ses choix de vie.

Pour rester informé des actualités fiscales, des changements de seuils ou des nouveautés locales, suivre les publications de service-public.fr, du site des impôts, mais aussi de la presse régionale (La Provence, La Marseillaise…), garantira une retraite plus sereine.

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