La pension de réversion est un complément de revenu important pour de nombreux retraités. Elle correspond à une partie de la retraite qu’un défunt percevait ou aurait pu percevoir, transmise à son conjoint survivant ou, dans certains cas, à un ex-conjoint. Dans les Bouches-du-Rhône, plus de 80 000 personnes bénéficient chaque année d’une pension de réversion (source : DREES 2023). Que vous la perceviez depuis peu ou de longue date, la déclaration de cette pension auprès des impôts reste une étape obligatoire et parfois source de questions.
Les règles fiscales varient selon le régime d’origine : base, complémentaire, fonction publique… D’où l’importance de bien distinguer la nature de votre pension de réversion, car toutes ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu, ni déclarées de la même façon.
Vous devez déclarer aux impôts toute pension de réversion perçue relevant :
La pension de réversion issue de la Caisse des Dépôts (CNRACL pour les territoriaux, SRE pour l’État) ou de la CNAV (salariés du privé) est imposable. Celle de la Sécurité sociale des indépendants (ex-RSI) aussi. En revanche : les réversions servies par la CNAV pour des victimes de guerre, ou certains avantages non contributifs comme l’ASPA, sont exonérées.
Depuis plusieurs années, l’administration fiscale reçoit directement les montants de pensions versées par les caisses. Sur votre déclaration, la pension de réversion apparaît normalement dans la case correspondant aux “revenus de pensions, retraites ou rentes”, en case 1AS ou 1BS.
N’oubliez pas de déclarer manuellement tout montant non pris en compte (ex : arrérages en retard, versements d’arriérés). Les erreurs de préremplissage sont rares, mais peuvent entraîner un redressement fiscal plusieurs années plus tard.
À noter : Si vous percevez plusieurs pensions dont une de réversion, additionnez-les et renseignez le montant total.
Gardez toutes vos attestations de paiements, voire vos relevés bancaires pour justifier le montant déclaré en cas de contrôle.
Contrairement à une idée reçue, toutes les pensions de réversion versées par la CNAV, la CARSAT ou les complémentaires (Agirc-Arrco) sont soumises à l’impôt, exactement comme une retraite principale. Elles ouvrent droit également à l’abattement fiscal de 10 % (automatique).
Exceptions notables :
Pour 2024, le montant total des pensions de réversion imposées en France dépasse 7 milliards d’euros, faisant de cette ressource un enjeu budgétaire pour beaucoup de ménages retraités (Source : Rapport DREES 2024).
Dans les cas exceptionnels où la pension de réversion vous a été versée sous forme de capital (ex : arriérés importants, jugement de divorce tardif), la fiscalité diffère. On parle alors d’une imposition en tant que “revenu exceptionnel” (voir régime du quotient). Un simulateur est disponible sur impots.gouv.fr.
Une fois les pensions déclarées, il est conseillé de garder ces justificatifs pendant au moins 3 ans après la date de la déclaration (délai légal applicable à tout contrôle fiscal).
Déclarer une pension de réversion auprès des impôts peut avoir des conséquences sur vos droits sociaux locaux (CCAS, département, etc.), notamment si vous percevez :
Un changement ou oubli de montant peut entraîner une révision rétroactive, y compris une demande de remboursement. C’est particulièrement surveillé dans les Bouches-du-Rhône, département où le taux de contrôle des dossiers d’aide sociale a augmenté de 13 % depuis 2022, d’après le Département des Bouches-du-Rhône.
Les usagers des Bouches-du-Rhône disposent de ressources locales utiles :
Il n’est pas rare de découvrir, lors d’un déménagement ou d’un deuil, un oubli de déclaration d’une pension de réversion pour une année passée. Dans ce cas :
Déclarer une pension de réversion n’a rien d’insurmontable, mais chaque détail compte pour éviter tout oubli. Les Bouches-du-Rhône disposent de nombreux relais pour vous aider – ne négligez pas l’aide de vos proches, des centres impôts, ou des associations disponibles localement. Agir avec soin, c’est préserver ses droits et sa tranquillité pour l’avenir.
Pour toute question spécifique, prenez contact avec votre centre des impôts ou rapprochez-vous d’une permanence d’accueil près de chez vous. L’information partagée, c’est la clé d’une retraite sereine dans le 13.